“ Et si l'Azure devenait un enfer ? ”
01 Informatique
le 26/11/2008 à 07h00
“ Les fournisseurs ne cherchent qu'à collecter une rente ad vitam ”
Anicet Mbida, grand reporter à 01 Informatique
Oh non ! Encore une belle idée dévoyée par les fournisseurs. L'informatique hébergée, le fameux cloud computing, devait être une ode à l'ouverture et à la simplicité ; un monde de services web où l'on interopère, où l'on virtualise pour enfin s'affranchir des plates-formes propriétaires. Au final, c'est tout le contraire. Qu'ils s'appellent Google App Engine, Force.com ou Windows Azure, tous semblent n'avoir qu'un objectif : emprisonner les développeurs sur leur pile technologique. Prenons Google et son App Engine par exemple. D'un côté, il est en code source libre, ouvert à plusieurs langages avec un ticket d'entrée nul. De l'autre, il repose sur des technologies propriétaires Google. Idem chez Microsoft avec Windows Azure ou chez Salesforces avec Force.com. Il faudra basculer sur .Net ou Appex, encore des technologies propriétaires. Vous êtes PHP, MySQL ou Apache ? Réécrivez tout de zéro ! Et si un jour l'envie vous venait d'aller voir ailleurs, vous êtes coincés. Il faut tout réécrire pour entrer, mais aussi pour sortir ! On se retrouve dans la même situation qu'avec les grands systèmes : des plates-formes propriétaires, totalement maîtrisées par leurs fournisseurs, où l'utilisateur est captif puisque les coûts de migration sont prohibitifs. Une situation rêvée pour un fournisseur qui peut se contenter de collecter une rente ad vitam. A ce jeu, Amazon est probablement le plus ouvert. Son stockage S3 n'est rien de plus qu'un accès Webdav standard. Quand à EC2, il revient à utiliser des machines virtuelles Xen libres. Des services faciles à remplacer, soit par son propre matériel, soit par ceux d'un concurrent. Il faut dire que l'informatique n'est pas au cœur de son modèle économique. C'est là toute la différence. Pour Amazon, il s'agit plus de rentabiliser des serveurs sous-exploités que d'attirer les développeurs sur sa plate-forme. Un jour, j'ai demandé à Sun quelle était sa différence fondamentale avec IBM. Scott McNeally, son PDG, m'a alors répondu : “ On voudrait qu'il soit aussi facile de migrer vers Sun que d'en sortir ”. Une devise dont beaucoup de fournisseurs pourraient s'inspirer. Mais bon, il paraît que les utilisateurs se fichent d'être enchaînés à un fournisseur tant que cela fonctionne. Et vous ?
a.mbida@01informatique.presse.fr