Kaspersky dit ' non merci ' au cloud computing
A l'heure où la concurrence ne jure que par le cloud computing, Kaspersky Lab préfère une approche plus diversifiée. Entretien croisé avec les deux hommes forts de la société.
01net.
le 26/11/08 à 10h50
<i> 01net. :</i> L'industrie antivirale est toute à la mode du cloud computing, mais Kaspersky Lab ne semble pas vraiment s'y intéresser. Est-ce un choix délibéré ?
Eugène Buyakin, directeur général de Kaspersky Lab : Oui, c'est un choix de notre part. Le cloud computing est un ' buzzword '. Certains de nos
concurrents veulent faire croire que c'est la solution à tous les problèmes du moment [et notamment l'inflation de la taille des bases de signatures, NDLR], mais ce n'est pas le cas. Nous devons certes
régler les mêmes problèmes que nos concurrents mais nous préférons le faire à travers une série d'autres approches. Nous avons pour cela recours à une combinaison de contrôle du comportement des applications sur le poste local, de liste
blanche [quelles applications sont autorisées à s'exécuter, NDLR] et d'alertes avancées de nos utilisateurs à travers un réseau collaboratif sur Internet. Ce dernier point se retrouve d'ailleurs dans les
offres purement cloud computing de nos concurrents. Nous pensons qu'il s'agit là d'une approche plus réaliste et, surtout, qui a fait ses preuves.
Stéphane le Hir, vice-président solutions grand public : Et puis, je ne pense pas que nos concurrents qui annoncent des solutions entièrement ' in the cloud ' réalisent
vraiment ce que cela représente en termes de charge et d'infrastructure pour un éditeur majeur. Prenez Symantec : s'ils n'ont pas fait d'annonce en ce sens eux non plus, c'est tout simplement parce que leur
base installée est très importante.
Vous avez pourtant déjà un pied dans les services en ligne, avec votre offre pour les professionnels Kaspersky Hosted Security très traditionnelle. N'envisagez-vous pas de la faire évoluer ?
Eugène Buyakin : Notre coeur de métier, c'est la protection du poste de travail. Notre offre en ligne n'est qu'un complément à cette dernière. Contrairement, par exemple, à MessageLabs (avant son
rachat par Symantec) notre business ne dépend pas à 100 % du service en ligne. Nous pouvons donc nous permettre de ne pas le commercialiser trop rapidement et d'avancer par étapes, en nous assurant à chaque pas de la robustesse de notre
offre. C'est notre stratégie en ligne. En revanche, l'offre va grandir, bien entendu. Et notamment parce que nous sommes persuadés que beaucoup de clients de MessageLabs ne vont pas être heureux chez Symantec. Car MessageLabs était
très proche de ce que nous sommes : un petit acteur indépendant expert dans son métier. Nous faisons le pari que certains de ces clients, habitués à la proximité offerte par un tel spécialiste, ne vont pas se retrouver chez un géant tel que
Symantec. Et nous sommes prêts à les accueillir, d'autant plus que MessageLabs utilise déjà notre moteur antivirus !
Quelle évolution technologique peut-on attendre de la part de Kaspersky ?
Stéphane le Hir : Nous croyons beaucoup à la virtualisation et au sandboxing
[système du bac à sable, qui est l'isolation du navigateur par rapport au reste du système, NDLR]. Nous
pensons que cette approche jouera un rôle important dans la protection de demain. Nous avons plusieurs technologies autour de ces concepts dans notre laboratoire. Nous ne sommes pas vraiment sûr de quand elles seront intégrées à nos produits, mais
ce qui est certain c'est qu'elles le seront un jour !