Lire entre les lignes
par RSI_lambda, le 01/12/2008 10:29:16
Bon, premier point qui m'agace fortement : on vous le dit, on vous le répète, Open Source ne signifie pas gratuit ! Ce n'est pas parce que beaucoup de logiciels gratuits sont Open Source que le contraire est vrai ! Donc pour l’argument économie de licence = plein d’argent dans les poches des méchants actionnaires, désolé, mais cela ne tient pas …
Deuxième point, l'étude :
Commandité par Bull donc une entreprise qui cherche, comme toute entreprise, à augmenter sa marge. Marge bien supérieure dans la vente de services que dans celle du négoce standard. Même le garagiste du coin sait qu’il gagne plus d’argent en facturant de la main d’œuvre que des pièces détachées. Et de plus en plus d’acteurs de l’informatique se rendent compte qu’on vend plus de service dans le monde de l’Open Source que dans celui du propriétaire (les factures restent sensiblement les mêmes : on fait glisser simplement les coûts de licences vers des coûts de services …). D’ailleurs, quand on voit la liste des invités du prochain Forum du Libre, on se doute que l’on ne va pas forcément avoir affaire qu’à des philanthropes (AtosOrigin, Bull, CapGemini, IBM, HP, SAP, Siemens, Sun …)
Réalisée par Forrester, monstre d’objectivité si on en croit le site Web de Bull qui affiche :
"En Europe, Bull représente clairement la plus grande force de frappe en Open Source" Forrester.
Troisième point, le fond :
Si on lit un peu entre les lignes de l’article, on parle de pourcentage d’Open Source dans le SI. Un peu comme dans l’article annonçant l’étude de Gartner qui lui est un peu plus clair :
« L'étude pourrait ainsi perdre de son sens si les sondés ont simplement pris en compte les quelques petits logiciels open source déployés çà et là, comme un navigateur par exemple. »
Ensuite, il faut regarder le panel : Bull a interrogé 132 entreprises (en France ? dans le monde ?), Gartner 274 (dans le monde entier). Est-ce vraiment représentatif, surtout dans un pays comme la France dont 95 % des entreprises ont moins de 10 salariés ? Donc aucun moyen, contrairement aux grands comptes interrogés, d’avoir un service informatique interne apte à maintenir et faire évoluer seul les logiciels employés (n’oubliez pas que la définition de PME/PMI est très subjective. En France, c’est moins de 500 salariés, chez Microsoft c’est moins de 5 000 …).
Dernier point sur l’un des arguments avancés : l’indépendance. Vis-à-vis de qui ? De l’éditeur ? Non, c’est lui qui reste le principal moteur de l’innovation et du service. De son service informatique interne ? Non plus, les services informatiques se posent alors en éditeurs de logiciels avec tous les travers que l’on peut connaître (versioning hasardeux, documentation incomplète, respect des environnements logiques dév > test > recette > prod …). Indépendance vis-à-vis des SSII ? Toujours non, ces dernières cherchent au contraire à ‘verrouiller’ le client. Et si vous pouvez toujours mettre dehors une SSII spécialisée dans du Microsoft ou de l’Oracle, essayez de mettre dehors celle qui aura construit avec vous et pour vous votre ERP …
PS : j’ai un peu l’impression de faire (mal, ce n'est pas mon métier) le boulot des journalistes de 01 qui feraient mieux d’étudier la question, d’avoir une valeur ajoutée, quitte à se tromper, plutôt que de faire bêtement de la publication de communiqué déguisé …
