Metro donne le coup d'envoi de la RFID en France
Pour mieux tracer leurs palettes, Metro et DHL achèvent le premier déploiement RFID de grande ampleur de la distribution française. D'autres maillons de la chaîne logistique devraient suivre.
01net.
le 20/11/08 à 00h00
Les faits
DHL et Metro ont dévoilé leur déploiement RFID lors du Forum RFID, qui s'est tenu le 24 octobre dernier. D'ici à la fin de l'année en France, 100 % des palettes seront tracées entre les six plates-formes du logisticien et les 91 magasins du groupe allemand.
L'analyse
Depuis la présentation des pilotes RFID (Radio-Frequency Identification) de Metro et de Carrefour en fin 2007, peu de nouveaux projets sont venus confirmer l'intérêt apparent des grandes chaînes de magasins pour la technologie sans contact. Pourtant, même si les distributeurs sont devenus plus discrets, ils continuent à évaluer les apports de l'identification radiofréquence et passent parfois à la vitesse supérieure. A l'instar de Metro et de son prestataire logistique DHL Exel Supply Chain (ESC), qui ont récemment annoncé le plus grand déploiement RFID jamais réalisé dans la distribution française. On ne parle plus d'expérimentation localisée, mais bien d'une mise en ?"uvre opérationnelle dans près d'une centaine de sites d'ici à la fin de l'année.
Améliorer l'identification et le suivi des livraisons
L'objectif de ce déploiement, entamé fin 2007, consiste à améliorer l'identification et le suivi des livraisons de produits secs et brasserie destinés aux 91 points de vente en libre service Metro Cash & Carry en France. Pour chaque expédition à partir de quatre de ses six plates-formes logistiques (deux sont en cours d'installation), DHL ESC encode l'identifiant unique de la palette (SSCC) dans un tag électronique associé à son étiquette (code-barres et informations en clair). Lors du chargement, les tags RFID sont détectés par un portique RFID, puis transmis électroniquement au magasin destinataire. La notification aux magasins se fait ainsi sur la base de chargements réels et en temps réel. Lorsque les marchandises arrivent à destination, les étiquettes radio sont à nouveau lues et comparées avec la commande. On détecte ainsi si une palette donnée est destinée au bon magasin, s'il manque des palettes par rapport au prévisionnel de chargement, ou si une palette non taggée a été chargée.
Un système RFID standard
A terme, 1,5 million de palettes seront ainsi taggées chaque année et contrôlées par près de 160 portiques RFID. ' Le choix du standard EPC (Electronic Product Code NDLR) nous assure que le système d'information logistique est ouvert et que tous ses composants physiques ou logiciels sont interopérables ', souligne Guy Venture, directeur de l'innovation et des services chez l'intégrateur Neopost NBG-ID. Outre les postes d'impression-encodage des étiquettes électroniques et les portiques RFID, le système comprend des interfaces métier avec les logiciels de gestion de commande, une base EPC-IS pour la gestion des objets et événements EPC, et un logiciel de suivi des livraisons.
' Même s'il est difficile de mesurer l'apport du système RFID, celui-ci a largement participé à améliorer les synergies de transport (transbordement, chargement partagé, etc. - NDLR) apparues il y a deux ans, et qui concernent déjà de 10 à 15 % des flux aujourd'hui, estime Walter Bessis, directeur Business Solutions de DHL ESC. Sur un plan quantitatif, la RFID a contribué à réduire les dévoyés (erreurs de destination) et les réclamations qui s'en suivent. Elle augmente aussi l'efficacité dans les phases de supervision et de gestion du chargement et du déchargement. ' Grâce à un intranet, une seule personne suit, sans se déplacer, 26 portes de chargement sur le site de Villiers-sur-Marne ', note ainsi Guy Venture, de Neopost NBG-ID.
Aujourd'hui concentrés sur l'expédition et la réception de palettes, DHL et Metro ne comptent pas s'arrêter à ce maillon de la chaîne logistique. ' Les fournisseurs, eux, s'intéressent aux avantages que procure la RFID dans les processus de chargement, de notification d'avis d'expédition et la réception de marchandise ', observe Walter Bessis, de DHL ESC. A l'autre bout de la chaîne, les pilotes se multiplient donc autour de l'automatisation de la gestion de stock.
Un système partagé entre transporteur, prestataire technique et distributeur
Installés sur les plates-formes logistiques de DHL et à l'entrée des réserves des magasins Metro Cash & Carry, les portiques RFID améliorent l'identification et le suivi des livraisons de marchandises. Ils sont reliés aux WMS de DHL via un middleware RFID, et connectés à la base événementielle EPC-IS hébergée chez Neopost NBG-ID.
2 questions à... : Pierre Georget, directeur général de GS1 France
Quels enseignements vous inspire le projet RFID de Metro ?
' La fiabilisation de l'information échangée entre entrepôts et magasins montre que ' l'internet des marchandises ' représente un facteur d'amélioration de la logistique interne des distributeurs, avec notamment la diminution des ruptures en magasin. '
Comment peut-on améliorer le processus d'expédition ?
' Aujourd'hui, la plupart des progiciels de gestion d'entrepôt émettent, en guise d'avis d'expédition, une copie du bon de préparation. Nous recommandons de reprendre le bon de préparation à travers un workflow jusqu'au chargement, afin de suivre les éventuelles ruptures de marchandise. De cette manière, l'avis d'expédition correspondra bien à ce qui est chargé dans le camion. Par ailleurs, il faut veiller à ce que l'avis dexpédition ne soit jamais en retard par rapport à la réception de la palette. '