











Quelle place occupe le développement dans le paysage des formations informatiques ?
René Barbecot : En tant qu'organisme paritaire collecteur agréé de la branche de l'ingénierie, de l'informatique, des études et du conseil, le Fafiec est au cœur des problématiques de formation des entreprises de conseil et de services informatiques. Les formations dédiées aux méthodes, langages et outils de développement orientés nouvelles technologies représentent près de 15 % de l'ensemble des formations de la branche. Elles font partie des thématiques prioritaires retenues, parmi celles qui concernent l'informatique spécifiquement. Elles figurent ainsi dans les orientations prises par la Commission paritaire nationale pour l'emploi de la branche (CPNE) en matière de formation, établies à partir des travaux de l'Opiiec (Observatoire paritaire des métiers de la branche), qui apporte une meilleure visibilité des métiers et de leurs évolutions. Ces thématiques reflètent les besoins d'évolution en compétences des entreprises et des salariés ; elles définissent donc les priorités d'attribution des financements délivrés par le Fafiec. Cette politique porte ses fruits si l'on en juge par la forte augmentation du nombre de demandes enregistrées cette année : pour le secteur informatique, nous assistons à une croissance de 20 % pour l'ensemble, et même de 30 % pour les TPE !
L'avenir du métier de développeur serait donc assuré, contrairement à ce qu'évoquent de nombreux acteurs ?
RB : D'un côté, les besoins en recrutement demeurent importants ; de l'autre, le métier de développeur est amené à se transformer. L'évolution des technologies, les exigences du marché et la sous-traitance – en particulier celle pratiquée en offshore – influent fortement sur le métier. Les entreprises ont besoin d'experts, mais aussi de polyvalents. Dans les années à venir, on dénombrera sans doute moins de développeurs “ purs ”, et il sera nécessaire de viser des compétences plus spécifiques. Ce mouvement est déjà amorcé. Actuellement, la moitié des développeurs a un niveau d'études supérieur à bac + 5. Les autres sont, pour la plupart, titulaires d'un bac + 2 minimum. Mais dans les petites entreprises de six à neuf salariés, 28 % disposent d'un diplôme inférieur ou égal à bac + 2, contre 18 % seulement en moyenne. C'est dire l'importance de la formation dans ces petites structures. C'est pourquoi nous menons une politique très active pour favoriser la formation des équipes, en particulier dans les TPE.
Quelles sont les prochaines grandes lignes stratégiques des politiques de formation ?
RB : Pour la période 2009-2011, la CPNE de la branche souhaite renforcer les compétences des salariés en affectant une part significative des ressources formation au financement de projets destinés à développer les acquis professionnels et à sécuriser les parcours professionnels. La réussite de ces projets passe, en effet, par l'engagement du salarié dans le développement de ses compétences. Depuis peu, nous proposons aux TPE, PME et chefs d'entreprise des stages pour les aider à mieux connaître les dispositifs et les modes d'organisation de la formation de leurs salariés, mais aussi pour leur expliquer comment les financer. Par ailleurs, nous lançons des actions collectives sur des thématiques précises. Enfin, la branche prévoit de mettre en œuvre un certificat de qualification professionnelle de développeur en nouvelles technologies. Ouvert aux profils bac + 2, cet apprentissage (de 500 à 600 heures) offrira une qualification reconnue par le biais d'un contrat ou d'une période de professionnalisation, mais aussi par la VAE (validation des acquis de l'expérience –NDLR).
Quel sera l'impact de la dégradation du marché de l'emploi sur les politiques de formation des entreprises, en particulier pour les développeurs ?
RB : Il est difficile, aujourd'hui, de mesurer l'impact de la situation économique actuelle et à venir sur l'emploi des développeurs. Cependant, afin de traverser au mieux ces turbulences, les entreprises et les salariés doivent renforcer leurs compétences et ne pas hésiter à recourir aux dispositifs tels que la période de professionnalisation, le DIF (droit individuel à la formation – NDLR) ou la VAE. Les partenaires sociaux de la branche viennent d'ailleurs de signer un nouvel accord sur la formation, dont les dispositions répondent de façon pertinente à cette problématique. Le Fafiec sera d'autant plus présent pour soutenir les entreprises et les salariés dans leurs projets !
