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Contrairement à une idée reçue, les logiciels open source n'ont rien de gratuit. “ La plupart des entreprises qui adoptent des solutions open source ont pour première motivation une réduction de leurs coûts. Pourtant, si on inclut les coûts d'acquisition, de fonctionnement et de maintenance, les gains sont loin d'être systématiques ”, explique Guillaume George, expert de la maîtrise des coûts et du pilotage de la performance chez Atos Consulting.
Comment se structurent les coûts d'une solution open source par rapport à ceux d'une solution propriétaire ? Bien que les licences utilisateurs soient gratuites, les entreprises achètent souvent des abonnements (dits “ licences annuelles ”) qui donnent droit à du support et à de la maintenance. “ Si on assimile ces abonnements à des licences, on peut considérer qu'elles représentent en moyenne 5 % du coût global des solutions open source contre 20 à 30 % dans le cas des logiciels traditionnels. Dans les deux cas, le reste de l'investissement correspond à des prestations de services (conseil, ingénierie, intégration, formation, etc.) ”, explique Mathieu Poujol, directeur technologies chez Pierre Audoin Consultants.
Certaines entreprises, qui estiment avoir – ou pouvoir développer – des compétences internes suffisantes pour se passer de ces abonnements, choisissent des logiciels libres sans support (OpenOffice plutôt que StarOffice ou MySQL plutôt que MySQL Enterprise par exemple). “ C'est une question de stratégie. Soit l'entreprise reste sur un schéma traditionnel et cherche un support similaire à celui offert par les éditeurs traditionnels soit elle prend une orientation open source sur le long terme et internalise des compétences et une culture open source ”, explique Frédéric Lau, directeur de mission au Cigref.
Quel que soit le modèle choisi, les économies réalisées en licences sont systématiquement redéployées en services. Selon les experts, la mise en œuvre de logiciels libres impose en effet d'acheter globalement plus de services que pour l'utilisation des logiciels propriétaires.
Un poste plus important est la formation des équipes internes aux technologies mais aussi à la culture de l'open source. L'entreprise doit aussi investir un peu plus dans la conduite de projet car les éditeurs traditionnels fournissent un peu de ce service lorsqu'ils vendent leurs licences.
Pour Guillaume George, l'étude d'opportunité réalisée en amont est aussi plus coûteuse car il faut montrer la faisabilité du projet. “ A la différence des solutions propriétaires qu'on achète sur simple présentation PowerPoint, il faut souvent créer une maquette opérationnelle pour démontrer la capacité d'une brique open source à répondre à un besoin. De fait, le coût de l'étude est deux à trois fois supérieur ”, explique-t-il.
“ En général, les entreprises ont un plus gros travail d'intégration et de personnalisation avec les logiciels open source qu'avec les logiciels propriétaires ”, ajoute Mathieu Poujol. Selon lui, plus l'entreprise voudra profiter de la souplesse du libre pour personnaliser sa solution et plus elle investira dans des ressources humaines ou des services supplémentaires. Dans ce contexte, le chiffrage du projet doit être une priorité. “ C'est difficile à faire et il faut s'y employer dès le début du projet ”, insiste Frédéric Lau.
Un autre point important est de choisir un projet existant qui réponde au mieux aux besoins de l'entreprise en privilégiant les projets qui ont la plus large communauté. Les conditions de réutilisation liées à certaines licences open source plus contraignantes que d'autres sont également un critère à prendre en compte. Selon sa stratégie, l'entreprise investira ici dans la mise en place d'une cellule de veille interne ou bien sollicitera une prestation de conseil.
Bien que le coût soit la raison numéro un avancée par les entreprises, aujourd'hui personne ne peut garantir que le retour sur investissement soit systématiquement meilleur avec l'open source. “ Qu'ils s'agissent de produits prêts à l'emploi ou de développements spécifiques, l'open source permet d'abaisser les coûts mais dans certains cas, les logiciels propriétaires sont mieux adaptés. Il faut rester pragmatique ”, estime Guillaume George. Selon les experts, les DSI qui possèdent les compétences techniques et maîtrisent la conduite de projet sont au final les mieux placés pour bien acheter des solutions open source.
















