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Selon Gartner, 85 % des entreprises utilisent un ou plusieurs logiciels open source. Après les briques techniques – serveur d'applications, base de données, etc. –, les progiciels tels que Compiere (ERP), SugarCRM (CRM) ou Drupal (CMS) font leur apparition.
Pourquoi un tel succès ? “ Les outils open source sont souvent gratuits, ce qui permet de déployer le même logiciel partout. Cette standardisation réduit les coûts ”, estime Stéphane Bordage, associé de la SSII Breek et auteur du livre Conduite de projets web.
Par ailleurs, l'ouverture du code “ est une garantie de flexibilité lors du déploiement. On peut plus facilement changer certaines briques techniques, ou même d’intégrateur lorsque c’est nécessaire ”, explique Cyril Pierre de Geyer, responsable d'Anaska, le pôle formation d'Alterway.
L'architecture technique des logiciels libres est souvent plus modulaire que celle des outils propriétaires. Elle facilite donc la personnalisation de l'outil par l'ajout de modules ou d'extensions. Si bien qu'il est possible de spécialiser ou d'adapter un socle standard pour coller au cahier des charges.
“ Nous incitons nos clients à reverser leur code à la communauté pour diminuer le coût de la maintenance évolutive de ces modules. Si la communauté les adopte, ils peuvent devenir des fonctions standards qui seront progressivement intégrées au noyau du logiciel et deviendront donc pérennes ”, explique Cyril Pierre de Geyer.
Face à la multitude de l'offre, il peut être nécessaire de faire appel à un professionnel pour trouver la perle rare en amont du déploiement. “ Le choix des briques open source et de contribuer à un projet ou d'en créer un nécessite une analyse du contexte technique. Mais il ne faut surtout pas ignorer les enjeux économiques, ni les aspects juridiques ”, estime François Letellier, expert indépendant des stratégies d'innovation autour de l'open source.
Le recours à un professionnel au début du projet permet également de s'assurer de la pérennité de la communauté. Une question qui se pose plus rarement avec un éditeur propriétaire. Il faut qu'elle soit large, réactive, “ ET professionnelle ”, ajoute Stéphane Bordage. “ La taille de la communauté ne fait pas tout. La communauté SPIP n'est par exemple pas aussi professionnelle que celle d'eZPublish ou de Drupal ”, insiste-t-il.
Reste le choix du support technique et de l'accompagnement pour le déploiement. A qui s’adresser ? A la communauté, à l'éditeur du logiciel, ou à un prestataire spécialisé ? “ Il faut faire attention au support payant, qui est parfois moins professionnel que celui d'un éditeur traditionnel ou que celui de la communauté ”, conseille Stéphane Bordage.
Mais, quelle que soit l'option retenue, le coût de licence plus faible ou égal à zéro compense largement l'accompagnement supplémentaire. C'est d’ailleurs l'un des fondements économiques du logiciel libre : transférer le coût de licence à celui du service. Il ne faut donc pas hésiter à se faire accompagner, même si le déploiement et le paramétrage sont identiques aux outils propriétaires.
Quant à la gestion des équipes en interne, “ l'esprit communautaire facilite l'ouverture et les échanges. Et même si certains “militants” open source sont réticents à trop aller du “coté obscur de la force”, dans la pratique de plus en plus de projets mixent logiciels open source et propriétaires. Et les informaticiens aiment presque tous l'open source. Ce n’est donc plus un problème ”, estime Cyril Pierre de Geyer.
















