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Ne l'appelez plus Proce55ing, mais bien Processing, sous peine d'énerver ses créateurs qui préfèrent le surnommer “ p5 ”. Après sept ans de développement et 161 révisions, ce langage open source de graphisme et d'animation vient enfin de sortir sa version 1.0, annoncée comme “ stable ”. S'appuyant sur un environnement Java simplifié (support de Java 1.4), ce langage se veut un standard pour les artistes numériques, une alternative libre aux logiciels commerciaux.
Comme le décrit Douglas Edric Stanley, artiste reconnu et professeur d'arts numériques à l’Ecole supérieure d'art d'Aix-en-Provence, “ Processing est avant tout un environnement de programmation conçu pour des artistes, par des artistes ”. Créé par Ben Fry et Casey Reas, du MIT, il prolonge le projet Design by Numbers, de John Maeda. Considéré comme un environnement d’apprentissage parfait pour créer des images et des animations, il est principalement utilisé par des étudiants en arts numériques, par des artistes ou par des développeurs amateurs d'open source.
Ses atouts ? Sa simplicité. Processing est très facile d'accès, et son interface archi simple. Et comme c'est un logiciel libre, il est totalement gratuit. Le langage fonctionne sur Mac, sur Windows et sur Linux. Il fonctionne également sur les téléphones portables et sur les circuits électroniques. “ Là où Processing se différencie vraiment, c’est qu'il peut interagir avec des outils physiques, comme des caméras, des instruments de musique, des cartes à puces. Le programme peut réagir avec l'environnement ”, souligne Eric Ambrosi, concepteur et spécialiste de Flash et de Silverlight.
On peut imaginer piloter son dessin avec la voix, ou brancher une caméra et les mouvements enregistrés dessinent dans l'image… Dans l'exemple ci-dessous, un artiste a réalisé une installation qui lie musique et graphisme au travers d'une table tactile.
Les projets Wiring et Arduino ouvrent Processing à la robotique. Processing Mobile permet aux artistes de créer des programmes pour les téléphones portables. Les développeurs l'utilisent aussi pour créer des animations et des graphiques de manière plus intuitive et plus simple qu'avec une programmation orientée objet. Certains d'entre eux utiliseraient même Processing pour tester rapidement leurs algorithmes, avant de les transférer dans des environnements plus complexes comme Eclipse, ou de les améliorer avec des composants Java plus sophistiqués.
“ Un autre avantage de Processing, c’est l’existence de nombreuses petites bibliothèques externes qui étendent les possibilités à l’infini ”, ajoute Eric Ambrosi. Enfin, Processing serait meilleur au niveau des performances et notamment pour des effets complexes de friction ou de particules. Si l'on en croit le site officiel, les prochaines versions de Processing devraient permettre d'étendre les capacités à la vidéo ou à la 3D.
Bien entendu, la question brûle les lèvres. Processing est-il un concurrent de Flash (d'Adobe), voire de Silverlight (de Microsoft) ? “ Ils peuvent parfois atteindre le même objectif final. Mais Flash est avant tout un outil de production Internet, Processing un outil pour les artistes ”, analyse Eric Ambrosi. Les fondateurs du langage n'ont d'ailleurs visiblement aucune envie de s'y comparer.
“ Nous ne ciblons pas la même audience. Croyez vous que seulement deux personnes peuvent rivaliser avec une société aussi grande qu'Adobe ? Et puis, est-ce qu’il y a vraiment besoin de faire un meilleur Flash ? Nous pensons que non. Notre but ne va pas dans ce sens. Est-ce que les gens arrêtent d'utiliser des crayons parce les stylos existent ? ”, écrivent-ils sur le site officiel du projet. En fait, certains artistes y voient même une complémentarité et tentent d'interfacer des projets Processing avec Flash.
















