











Avec le resserrement actuel du crédit bancaire, les entreprises redécouvrent des solutions de financement alternatives, telles que la location de matériel informatique. Ainsi, les directions financières ont la possibilité de conserver leur capacité d'endettement pour leur cœur de métier, les loyers étant inscrits en charge externe du compte de résultat et n'alourdissant pas le passif du bilan. Une façon aussi d'optimiser la gestion de la trésorerie en répartissant la charge sur la durée d'utilisation des équipements. Et également l'occasion d'évaluer les solutions globales de gestion des actifs qui se sont développées au cours des dernières années.
“ Les aspects comptables et financiers sont de moins en moins déterminants pour les entreprises qui font appel à nos services, observe Mathilde Saintpol, directrice du développement des services locatifs chez ECS. Aujourd'hui, c'est davantage un choix de mode de gestion opérationnel qui les guide jusqu'à nous. ” Chez Siemens Lease Services (SLS), on ne communique pas davantage sur ces problématiques comptables. “ Elles varient trop d'une entreprise à l'autre, selon la manière dont les comptes sont consolidés et dont les normes comptables sont appliquées, estime sa directrice marketing, Stéphanie Le Bras. Aujourd'hui, nous nous concentrons sur les besoins de renouvellement des clients et sur la transparence de leur budgétisation. ”
Grâce à des loyers progressifs, dégressifs ou à démarrage différé, les directeurs informatiques disposent d'un matériel régulièrement renouvelé tout en respectant un cadre budgétaire. “ Ils améliorent aussi leur visibilité des coûts en intégrant l'ensemble de leurs composantes, qu'il s'agisse des matériels, des logiciels, des services, de l'assurance, des abonnements ou des mises à jour ”, précise Philippe Durst, président de Factum Finance. La location évolutive ou opérationnelle permet également d'homogénéiser un parc informatique dans le cadre d'évolutions planifiées, ce parc étant racheté à sa valeur nette comptable à la fin du contrat.
En fait, les loueurs externalisent une part croissante de l'informatique de l'entreprise. Ils passent commande auprès des fournisseurs, enregistrent et règlent les factures, aident à la fonction analytique (ventilation par service, par site…) et recherchent les meilleurs matériels. En plus de ces fonctions administratives et financières, ils peuvent assurer le support et la maintenance, ainsi que la gestion technique des actifs. Et ils sont également capables d'auditer et de tester les équipements sortants, comme de se charger de leur recyclage après les avoir cotés. C'est aussi une question de rentabilité pour eux. Car, dans un contexte de baisse continue du prix des matériels informatiques, ces opérateurs sont contraints à une modération tarifaire sur les contrats de location pure. “ Les sociétés de location ont fortement investi dans le créneau des prestations annexées aux contrats de location parce que les activités telles la maintenance, le conseil ou l'infogérance génèrent des marges plus élevées que la location pure. Avec des prix qui, en outre, augmentent plus facilement ”, analyse Samshad Rasulam, auteur d'une récente étude sur la location de matériel informatique pour le cabinet Xerfi. Ce dont profitent déjà certains : “ Chez SLS, en moyenne 25 % des demandes de financement sont affectées aux services ”, précise Stéphanie Le Bras.
Étant donné les moyens à investir pour y arriver, ce sont essentiellement les grosses structures qui se sont véritablement diversifiées vers les prestations. Parmi les leaders figurent les filiales de banque telles que ECS et Franfinance (Société Générale), Etica (Crédit Agricole), Arius et BPLG (BNP Paribas). Au cours des cinq dernières années, ECS a pris une longueur d'avance en élargissant son offre de services à l'installation de postes de travail et de serveurs, à l'inventaire de parcs physiques ou en mode Saas, et à la prestation de transfert de site. Plus récemment, le leader du secteur s'est concentré sur la consolidation et la virtualisation de serveurs, la haute disponibilité des plates-formes et la sécurité. Il vient de renforcer son offre d'infogérance de serveurs grâce à la reprise du centre de services iSeries et AS/400 d'EDS France. Une démarche déjà amorcée il y a deux ans avec le rachat de la société Telci, spécialisée dans l'infogérance de postes de travail. Aujourd'hui, l'activité de services d'ECS représente plus de 60 millions d'euros de chiffre d'affaires en France et occupe 420 personnes.
Chez Arius, les services complexes de consolidation et de virtualisation de serveurs ou de plan de reprise d'activité sont également au catalogue, quoiqu'essentiellement assurés par des partenaires. En revanche, l'administration de postes de travail et l'inventaire sont de plus en plus traités en interne.
La plupart des grands constructeurs informatiques possèdent également d'importantes structures de financement, essentiellement destinées à leurs partenaires commerciaux. Ils opèrent souvent dans une logique de fidélisation de leurs clients en leur proposant une offre globale d'équipement, de financement et de services. Cependant, certains constructeurs ne destinent pas exclusivement leurs solutions de financement à leurs propres offres de matériels, de logiciels et de services. Parallèlement, d'autres fournisseurs de technologies, comme General Electric ou Siemens, élargissent leurs offres de financement aux machines-outils, aux équipements médicaux, à la sécurité et aux flottes automobiles. Et même les éditeurs s'y mettent. A titre d'exemple, Microsoft propose depuis peu une offre à 0 % d'intérêt sur trente-six mois (pour un montant maximal de 775 000 euros) à tout nouveau client d'une solution PGI ou GRC.
Les plus gros opérateurs indépendants investissent aussi dans les services. A titre d'exemple, Econocom propose depuis peu une solution de téléinventaire, la gestion du parc d'impression au coût global de la page et des flottes de PDA facturées à l'utilisateur. Début 2009, le récent repreneur de Databail (ex-Ares) proposera par ailleurs une solution de téléservices assurant la distribution, la supervision et l'administration du parc informatique à distance. D'autres loueurs indépendants mettent surtout en avant leur statut de pure player de la location de parc informatique, à l'image de Factum Finance. Le chiffre d'affaires de ce dernier, qui vient d'acquérir DFI Lease et Copex, devrait dépasser les 120 millions d'euros. Parmi ses atouts, son président Philippe Durst cite notamment sa large implantation sur le territoire français et la diversité de ses sources de crédit. “ Ces derniers temps, les banques pourraient conserver leur capacité de crédit pour l'affecter à des activités plus rentables que celles de leur filiale de location ”, prévient-il. De son côté, ECS rappelle que, bien que filiale de la Société Générale, elle n'est pas obligée de traiter avec Franfinance, le refinanceur maison, auquel par contre, d'autres loueurs peuvent faire appel.
En tout état de cause, les analystes du secteur ne s'accordent pas tous sur le caractère contre-cyclique de la location de matériel informatique. En 2002-2003, le chiffre d'affaires des loueurs avait chuté encore plus fortement que la dépense informatique. Depuis, ils ont développé des offres globales de location opérationnelle. Sauront-ils profiter de cette crise pour les vendre ?
Banques, sociétés spécialisées et fournisseurs ont chacun des avantages. Traditionnellement, les entreprises préfèrent les banques.
Les loueurs sont en train d'adapter le modèle de l'informatique à la demande au parc d'équipements de leurs clients. Econocom propose ainsi de gérer l'entrée et la sortie des équipements informatiques comme un processus intégré, de la gestion de la demande au recyclage, en passant par la mise à disposition, le financement, le reporting et le contrôle budgétaire.
Analyse de l'existant : inventaire sur site ou à distance, analyse technique du parc, audit d'impression.
Gestion administrative des achats.
Gestion d'actifs.
Gestion d'évolution de parc.
Gestion des mouvements récurrents : installation, mouvement, ajout, changement, rotation et recyclage.
Services de substitution : remplacement ou continuité de service et réparation.
Support et maintenance.
Conception d'architectures : consolidation et virtualisation, haute disponibilité, sécurité.
Loyers modulaires : saisonnalité, environnement comptable, selon un budget ou la montée en puissance d'un projet.
Montages complexes : selon ratios financiers propres ou obligations réglementaires (IFRS, US-GAAP, EBITDA).
Gestion de projet : réponse locative adaptée à la mise en œuvre d'un projet (développement d'applications, migrations, déploiements).
Services managés de gestion des achats dans le cadre d'une convention de services.
Services managés de gestion des actifs au numéro de série.
Facturation individualisée des terminaux mobiles et de leur consommation.
Gestion du processus d'impression.
Infogérance bureautique avec téléservices (télédistribution, supervision et administration).
Infogérance de serveurs et hébergement.
La location est un contrat par lequel le bailleur cède, en l'échange d'un ou plusieurs loyers, le droit de faire usage d'un bien pendant une période convenue. Ce marché distingue souvent trois formules.
Location financière : c'est la formule historique. Peu de services y sont associés. Ce produit financier présente l'avantage d'étaler le paiement sur une durée définie. Les risques et avantages liés à la propriété sont à la charge du locataire.
Location opérationnelle ou évolutive : elle s'accompagne d'un ensemble de services et permet d'adapter le contrat dans le temps en fonction des investissements et des contraintes budgétaires. Les risques et avantages liés à la propriété du bien sont à la charge du loueur.
Crédit-bail : le locataire bénéficie d'une option d'achat en fin de contrat. Exclusivement proposé par des établissements financiers, ce système est très encadré et n'inclut pas de services associés.
