“ Où est donc passée la version Linux d'Active Directory ? ”
01 Informatique
le 10/12/2008 à 07h00
“ Microsoft a convié toute l'équipe d'encadrement de Samba à passer une semaine sur le campus de Redmond ”
Yann Serra, grand reporter à 01 Informatique
Il n'y a plus personne pour porter Microsoft Active Directory sous Linux. Un comble pour un annuaire. Active Directory est un logiciel plutôt stratégique. Du haut de son serveur Windows, il identifie les postes de travail sur le réseau, orchestre les partages de disques et d'imprimantes, distribue les mises à jour, centralise les installations, édicte les stratégies de sécurité. Les entreprises l'avaient installé car il allait de pair avec leurs PC tout Microsoft. Mais Active Directory mis en route, impossible d'avoir autre chose que des postes Windows. La liberté technologique en a pris un coup. A tel point que la Commission européenne a condamné en 2007 Microsoft à favoriser l'interopérabilité avec ses produits. Début 2008, à contrecœur, l'éditeur révélait le fonctionnement de ses protocoles aux développeurs de Samba, projet qui vise à réécrire les protocoles réseau de Windows pour Linux. Mais qui, en fait, parvient juste à accéder à ses répertoires non protégés. Le déboulonnage des serveurs Windows en entreprise et, par là même, la prise de pouvoir des postes Linux n'étaient plus qu'une question de mois ! Car dans le monde open source, on est plus fort en programmation que chez Microsoft. Il suffit d'avoir le modèle, et hop !, on le refait en mieux. En mai, rien à signaler. Microsoft, qui avait entre-temps compris que l'interopérabilité l'aiderait à vendre ses produits sur les marchés de l'open source, décide alors de rendre public tous les secrets de ses protocoles. Pour crâner, les fortes têtes de l'open source laissent entendre que leur adversaire arrondit juste les angles de sa défaite. En septembre, toujours rien. Alors Microsoft invite l'encadrement de Samba à passer une semaine sur le campus de Redmond avec les concepteurs d'Active Directory. Ils répondent à toutes les questions, déboguent du code et leur permettent de faire des tests en grandeur nature. Bilan ? L'équipe de Samba s'avoue incompétente pour bien comprendre tout ce qu'on lui a expliqué. Il faut dire qu'ils n'étaient que six à s'être déplacés. Et encore, dans le lot, un seul s'intéressait au projet. Car c'est aussi comme ça que ça se passe dans le monde open source : on n'est motivé que lorsqu'il s'agit d'aller contre les intérêts de Microsoft.
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