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En franchissant les portes du salon RFID, personne ne vous demande de montrer votre badge d'inscription pour le passer sous un scanner. Et pour cause : celui-ci est équipé d'une étiquette RFID (tag) lui permettant d'être comptabilisé automatiquement dans les statistiques de visitorat grâce à des capteurs situés à l'entrée de l'exposition. Et à peine a-t-on franchi le seuil de celle-ci, que l'on se rend compte immédiatement d'une chose : ces technologies suscitent un intérêt grandissant.
On se bouscule dans les allées, les stands (une centaine environ) sont pris d'assaut et l'on peine souvent à obtenir un interlocuteur. Un spectacle plutôt rafraichissant dans un contexte de crise, au regard de la morosité que l'on appréhende parfois dans certains salons professionnels. “ Nous avons créé une session de conférence intitulée “La RFID pour les nuls”. Cela fait deux jours de suite que la salle est pleine ”, indique Laurent Noel, directeur du salon.
Cela ne fait aucun doute, il se passe quelque chose sur le marché de la RFID. Mais quoi ? Gare aux réponses toutes faites ! Car tous les segments de marché ne sont pas au même stade d'avancement. Il y a d'abord des secteurs d'applications de niches qui exploitent depuis longtemps la technologie : le contrôle d'accès dans les immeubles, l'accès aux transports publics avec comme fameux exemple celui du passe Navigo à la RATP ou la carte Velib' pour les vélos en libre service, les bibliothèques pour la gestion du prêt des livres et enfin l'industrie, qui utilise depuis longtemps les étiquettes RFID pour le suivi des opérations de production.
Hormis sur ces quelques créneaux, la mise en oeuvre des technologies RFID reste encore marginale. “ En particulier, cela fait des années que l'explosion de leur utilisation est pressentie dans les secteurs de la logistique du transport et de la distribution. Pour l'instant, à part quelques réalisations et quelques pilotes, cette explosion n'a pas eu lieu. Mais il semble qu'elle soit en passe d'arriver ”, explique Philippe de Matteis, directeur de Dmph Consulting, un cabinet de conseil indépendant spécialisé dans les technologies sans contact.
Même constat chez l'intégrateur Hub Télécom, filiale d'ADP : “ La plupart des projets et des pilotes que nous avons sont dans le secteur de la logistique et du transport. Mais il faut rester très prudent. L'étiquette RFID ne remplacera pas le code à barre ”, explique Michel Coponat, ingénieur avant-vente chez l'intégrateur. Car c'était bien l'espérance apportée par celle-ci, depuis quelques années. Or le coût d'une étiquette RFID descend rarement en dessous des 20 centimes (en fonction des volumes), et à ce tarif, il est peu probable qu'elle figurera demain sur les biens de grande consommation. “ En revanche, l'utilisation d'étiquettes RFID a un sens pour les contenants de ces produits – cartons, bacs plastiques, containers, palettes et même camions – ainsi que pour les produits de luxes – manteaux, sacs à main, costumes – dont le prix de vente ne sera pas significativement affecté par l'ajout d'une étiquette ”, explique Philippe de Matteis.
Dans d'autre secteurs, les technologies RFID, n'en sont qu'à leurs balbutiements. C'est le cas des applications Internet grand public et de tout ce qui concerne l'Internet des objets. Seuls quelques dispositifs concrets et encore propriétaires comme le Mir:ror et le Nabaztag de la société Violet ou la plate-forme Tikitag d'Alcatel-Lucent ont vu le jour. Quant aux téléphones NFC (Near Field Communication), qui permettraient par exemple de faire du paiement sans contact, ils n'arriveront pas en masse sur le marché avant le deuxième semestre 2009.
Quoi qu'il en soit, le secteur de la RFID semble promis à un bel avenir. “ Les gens commencent à comprendre ce qu'il est possible de faire et de ne pas faire avec la RFID. Ils viennent sur ce salon avec des idées, des projets concrets, c'est encourageant ”, résume Jean Philippe Glesser, responsable recherche et développement, chez le fabricant de capteurs Lagassé Technologies.
La RFID (Radio Frequency Identification) est une technologie de communication par fréquences radio. Celle-ci met en oeuvre un échange d'informations numériques entre une étiquette (ou tag composée d'une puce électronique avec une mémoire et d'une antenne) et un système de lecture/écriture.
Il existe principalement deux types d'étiquettes : les étiquettes passives et les étiquettes actives. Dans premier cas, le dispositif de lecture génère un champ électromagnétique. Une étiquette soumise à ce champ recevra une énergie lui permettant d'émettre temporairement un message à destination du lecteur. Dans le second cas, les étiquettes intègrent leur propre source d'énergie (pile). Les premières ne coûtent que quelques dizaines de centimes d'euros et sont beaucoup plus répandues. Les deux types offrent la possibilité d'une traçabilité très avancée de l'objet étiqueté.















