Des cartes à puce plus résistantes
01net.
le 04/12/08 à 00h00
C'est sans doute grâce à S-P-S que la plupart des pays européens utiliseront bientôt des cartes d'identité électroniques. Le cahier des charges, qui définit des cartes à puce lisibles à la fois dans un lecteur à fente et au-dessus d'un scanner, se heurtait initialement à un défaut : d'habitude, il n'est pas possible de fabriquer ce type de carte sans qu'elle soit fragile. En cause, la soudure qui relie la puce à l'antenne casse. Pour y remédier, la start up S-P-S a inventé une liaison sans contact, incarnée par deux microbobines qui communiquent par champ magnétique. ' A l'épreuve, nous obtenons une carte huit à dix fois plus résistante aux torsions, à la température et à l'humidité ', affirme Henri Boccia, président de la jeune pousse.
Une capacité de mémoire doublée
Le principe s'avère similaire à celui d'un transformateur électrique traditionnel. L'antenne principale, enroulée dans le plastique de la carte, amplifie le signal à 13,56 MHz émis par le scanner, puis, par couplage, le transmet à l'antenne du module qui contient la puce électronique. Petite subtilité, ce module doit être double face, ' une prouesse qui relève de notre savoir-faire ', avance Henri Boccia. L'activité de S-P-S, fondé par des anciens salariés de Gemplus, concerne la fabrication des micro-modules, à savoir la partie électronique apparente où logent les pattes de lecture, et non les puces, fournies par ses clients.
Outre adresser le marché de l'identité, S-P-S est le seul à proposer des modules qui dotent les puces SIM des téléphones portables d'une mémoire deux fois plus importante qu'à l'accoutumée, car disposée sur deux faces. ' Nous sommes capables de manipuler en production des millions d'unités en silicium aminci à 75 microns. Ailleurs, on ne trouve que du 150 microns ', affirme Henri Boccia. Fort de 23 brevets, le catalogue comprend également des capteurs dans les domaines médical et environnemental. Y figurent, par exemple, des capteurs sensibles à la chaleur pour modéliser par avance le cheminement d'un incendie. Près de 30 % de l'effectif, constitué de chercheurs en électronique et en matériaux, se vouent à la R&D.
100 millions de modules par an
La plupart des imprimeries nationales européennes ont déjà certifié le système de S-P-S. Thales, IBM ou encore iComxat sont sur les rangs pour l'embarquer dans l'offre globale qui sera faite aux gouvernements. Depuis 2006, S-P-S équipe plusieurs centaines de milliers de cartes d'identité au Maroc, un marché évalué à 22 millions de cartes sur quatre ans. ' La croissance de notre chiffre d'affaires est excellente et notre capacité de production sur site s'élève à 100 millions de modules par an. Notre ambition : devenir le leader mondial de la carte à double lecture ', conclut Henri Boccia.
Nom : S-P-S.
Date de création : octobre 2003.
Domaine : modules électroniques.
Innovation : communication au sein d'une carte à puce par champ magnétique plutôt que par liaison filaire.
Produits : micromodules électroniques double face, capables de contenir de la mémoire ou une microantenne.
Repères
Siège : Rousset (13).
Effectif : 89 personnes.
Financement : apport de la maison mère S-P-S Founds (620 k euros), subventions Oséo (132,8 k euros), avances remboursables Oséo (826 k euros), et apport d'Agfa Gevaert (5 M d'euros).
CA 2007 : 18,3 M d'euros.
Henri Boccia, 58 ans, président. Diplômé en génie électronique aux Arts et Métiers. Ancien directeur de la R&D chez Gemplus.
Philippe Patrice, 40 ans, directeur business et développement. Ingénieur Iusti. Ancien cadre de Gemplus.