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Mieux intégrer les seniors dans la politique de gestion des ressources humaines des entreprises : c'est le but du nouveau dispositif intégré dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2009, adopté le 4 novembre par l'Assemblée nationale. Le texte de loi stipule que, à compter du 1er janvier 2010, les entreprises d'au moins 50 salariés qui n'auront pas conclu un accord ou mis en place un plan d'action relatif à l'emploi des salariés âgés seront soumises à une pénalité correspondant à 1 % des rémunérations versées durant la période correspondante. Seront exemptées les entreprises de moins de 300 salariés couvertes par un accord de branche.
Les employeurs vont donc être amenés à réfléchir au maintien dans l'emploi ou au recrutement de seniors. Ils vont aussi devoir choisir les actions (tutorat, temps partiel, etc.) à mettre en œuvre et les modalités de suivi. Un pensum pour les SSII dont les effectifs affichent une moyenne d'âge de 34 ans, et qui ne comptent qu'entre 12 et 14 % de profils de plus de 50 ans selon l'Observatoire paritaire des métiers de l'informatique, de l'ingénierie, des études et du conseil (Opiiec). Soit près de deux fois moins que la proportion des quinquas et des sexas toutes professions confondues, chiffrée à 23,4 % par la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares).
Rien d'anormal, cependant, pour Alain Donzeaud, président de la commission social, emploi, formation de Syntec Informatique. “ Notre industrie n'a qu'une quarantaine d'années d'existence. Un écrémage s'opère également par les individus eux-mêmes qui, à différentes étapes de leur carrière, s'interrogent sur leur aptitude à rester dans le service, ont envie de rejoindre une entreprise cliente, voire de changer d'orientation. ” Un changement de cap volontaire… Ou bien forcé ? Pour les informaticiens de SSII qui se retrouvent accidentellement sur le marché du travail une fois passé la quarantaine, la situation n'est guère brillante.
En 2005, l'Apec relevait que les profils de plus de quinze ans d'expérience ne représentaient que 8 % des embauches de cadres dans les activités informatiques. Et le secteur n'a recruté, l'année dernière, que 2 % de cadres de 50 ans et plus. Pour le Mouvement pour une union nationale et collégiale des informaticiens (Munci), la discrimination par l'âge à l'embauche ne fait pas l'ombre d'un doute. Et ce dès l'âge de 35 ans, notamment à l'encontre des profils les plus techniques (développement, systèmes, réseaux).
En cause, le modèle économique des SSII. Elles font appel – sous la pression des clients – à de jeunes profils très compétents à salaire modéré… dont on se débarrasse après usage. “ Jusqu'à présent, les patrons n'ont jamais cherché à faire une place aux seniors, excepté dans les filières de management ou d'expertise ”, confirme Christian Legendre, syndicaliste CFDT et négociateur de branche pour la formation à la Commission paritaire nationale pour l'emploi (CPNE). “ Nous travaillons sur une reconnaissance de l'expérience au niveau de la branche. Mais les entreprises ne suivent pas. ”
Le plan de sauvetage des seniors du gouvernement français pourra-t-il renverser la vapeur ? “ De temps en temps, la coercition ne fait pas de mal ”, répond Christian Legendre. Alain Donzeaud demeure, pour sa part, dubitatif quant à l'efficacité d'un tel dispositif qui s'applique indifféremment à toutes les branches. “ Nous verrons comment tout cela peut devenir vertueux. ” Pour Régis Granarolo, président du Munci, “ ces mesures, qui sont pour la première fois pénalisantes, vont dans le bon sens ”. Mais il faut tout de même y mettre quelques bémols. A commencer par l'absence de mécanisme obligeant à de véritables résultats. “ Il est à craindre qu'un certain nombre d'entreprises ne fassent pas beaucoup d'efforts. Par ailleurs, le dispositif cible les salariés les plus âgés, alors que dans l'informatique on est vieux de plus en plus jeune ! ”
Quel a été votre parcours avant de vous retrouver sans emploi ?
“ Après avoir débuté dans l'informatique grands systèmes, puis avoir exercé la fonction d'ingénieur commercial, je suis revenu aux mainframes en 1997, après une remise à niveau à l'Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). De gros besoins s'annonçaient avec l'an 2000 et l'euro. J'ai, en effet, enchaîné les missions en SSII jusqu'à mon licenciement économique, qui s'est produit en 2002. ”
Comment avez-vous géré cette rupture ?
“ Je n'ai pas eu de proposition de reclassement, mais j'espérais tirer mon épingle du jeu. J'ai masqué mon âge sur le CV et j'ai eu des rendez-vous, qui n'ont pas abouti. Je me suis renseigné sur les formations aux technologies internet, mais je n'avais pas de possibilité de financement. J'ai trouvé un poste de commercial chez un assureur. L'informatique m'a donné beaucoup de plaisir, mais aujourd'hui, je n'ai pas d'autre choix que de rester dans la filière commerciale. ”
















