Ruée vers le cloud computing, nouvel eldorado high-tech
Pionniers de l'Internet et poids lourds de l'informatique ont multiplié, en 2008, les initiatives cloud computing. Tous rêvent d'externaliser les systèmes d'information sur leur ' nuage '.
01net.
le 29/12/08 à 14h10
En informatique, un concept technico-marketing en chasse rapidement un autre. A ce petit jeu, le cloud computing est incontestablement le grand gagnant de 2008. Depuis plusieurs années, les entreprises avaient
commencé à externaliser certaines fonctions informatiques en adoptant des services à la demande accessibles par Internet, des pratiques estampillées Business on demand, Saas ou encore Utility Computing. En 2008, le phénomène s'est accéléré ce
qui s'est traduit par l'émergence d'un concept encore plus englobant répondant au nom poétique mais peu évocateur de cloud computing, littéralement l'informatique dans les nuages.
Revendiqué en vain par
Dell cet été, le terme désigne la possibilité de louer des applications, de la capacité de traitement ou encore du stockage, le point
commun de tous ces services étant qu'ils sont délivrés à la demande par Internet et proviennent de vastes centres de données situés un peu partout sur la planète. Pour les entreprises, le principal intérêt de ce modèle est qu'elles n'ont plus à
gérer de lourdes infrastructures dans leurs locaux mais un simple accès à Internet. Le
cloud computing leur offre tranquillité et flexibilité et leur permet d'économiser des compétences. Elles peuvent se concentrer sur leur
métier.
Une véritable course à l'armement
Les pionniers du secteur comme Google, Salesforce.com ou Amazon ont ainsi su convertir des millions d'utilisateurs et les poids lourds historiques de l'informatique comme IBM, HP, Intel et Microsoft ont vite rejoint le mouvement. 2008
ressemble de fait à une course à l'armement. La plupart des acteurs ont massivement investi dans de nouveaux
data centers. A la fin du mois de juillet, Intel, HP et Yahoo! ont décidé de faire recherche commune sur le sujet en
investissant dans des
data centers partagés. Déjà bien implantés aux Etats-Unis,
IBM et
Amazon ont ouvert leurs premiers centres de traitement en Europe, respectivement en avril et en novembre.
Les éditeurs de logiciels se sont également mobilisés. A la mi-octobre, Vmware, le spécialiste de la virtualisation, a dévoilé
Virtual Datacenter OS (VDOS), une couche logicielle permettant aux entreprises de virtualiser elles-mêmes leurs centres de données. Quinze jours
plus tard, Microsoft a présenté
Windows Azure, un système d'exploitation conçu pour piloter les
data centers et a même
annoncé le lancement en 2009 de sa propre plate-forme d'hébergement.
Pour offrir la solution la plus globale qui soit, les acteurs ont multiplié les alliances. En un an,
Google et Salesforce ont signé trois partenariats !
Amazon a signé
des accords avec Salesforce, Oracle et RedHat. L'interopérabilité des solutions est l'objectif numéro un de
ces rapprochements.
Sécurité et disponibilité sont les principaux obstacles
Il faut dire que de ce point de vue, le
cloud computing n'est pas sans risque pour les clients. Des voix s'élèvent pour dénoncer
les risques de dépendance aux fournisseurs de plates-formes hébergées qu'ils comparent à de nouveaux
mainframes propriétaires
utilisant chacun des langages spécifiques.
D'une manière générale, le
cloud computing hérite de tous les problèmes inhérents à l'externalisation, un défi majeur étant de garantir la sécurité et la disponibilité des services. Cet été, plusieurs pannes
sérieuses ont touché les services
d'Amazon et de
Google.
Certains prestataires comme IBM ont bien compris qu'il fallait rassurer les entreprises. Début décembre,
Big Blue a annoncé des services permettant de valider ses fournisseurs et de déterminer quelles données ou applications pouvaient être
transportées dans le ' nuage '. Gageons qu'en 2009 les DSI n'auront pas trop la tête dans les nuages et sauront garder d'eux-mêmes les pieds sur terre.
Ce qui vous attend en 2009
Les annonces devraient continuer de pleuvoir en 2009 et ce dès le salon
Cloud Connect le 20 janvier prochain. Microsoft y annoncera peut-être quand il compte ouvrir sa plate-forme Windows Azure qui doit héberger la version en ligne de sa suite Office.
Une révolution pour l'éditeur.
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