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De la fin des empires logiciels

Stuart Cohen est l'ancien patron des Open Source Development Labs. Impliqué dans le logiciel libre, il vient d'écrire un article dont le titre fait froid dans le dos...

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Stuart Cohen est l'ancien patron des Open Source Development Labs, qui employait à l'époque Linus Torvalds (créateur du noyau Linux). Impliqué dans le logiciel libre, il vient pourtant d'écrire un article dont le titre fait froid dans le dos : ' Le modèle (économique) de l'open source est cassé '.
Derrière ce titre à l'emporte-pièce, l'auteur développe trois points :
1 - le ' business model ' qui consiste à vendre du support n'a pas d'avenir. En effet, comme je l'expliquais dans mon précédent billet, c'est une étape transitoire dans la maturation d'un projet de logiciel libre.
2 - La collaboration est importante en tant que façon de produire de la richesse. Stuart Cohen revient là au concept de forge logicielle sur laquelle je reviendrai à l'avenir
3 - Il n'y aura pas de nouveaux géants du logiciel.

Des empires créés sur la dépendance

A propos de ce dernier point, il est vrai que les Oracle, les Microsoft, les SAP sont issus de l'industrie informatique du XXe siècle, dont le modèle central est celui du logiciel propriétaire. Les empires qu'ils ont créés reposent, en réalité, sur une dépendance très forte de l'utilisateur vis-à-vis de son fournisseur. Ce lien de dépendance est double.
D'une part, le fournisseur est seul à disposer du code source, et donc il contrôle les mises à jour (correction de bogues, améliorations fonctionnelles). La mise à disposition des nouvelles versions se fait par un contrat de maintenance ou le rachat de nouvelles licences suivant le type de logiciel, mais le constat est le même : on dépend du fournisseur pour que le logiciel continue à être utile. Comme il n'existe qu'un seul fournisseur pour ce produit, la négociation n'est pas en faveur du client et cela revient donc très cher.
D'autre part, le format de données, quand il est propriétaire, augmente la dépendance. En effet, même si l'on arrive à trouver un logiciel concurrent moins cher, le coût de migration des données est tel qu'il vaut parfois mieux rester sur l'ancien logiciel, même plus cher, plutôt que de migrer. C'est alors que la notion de standards de formats de données prend tout son sens, dans la mesure où elle permet de découpler les données (dont on est propriétaire) du fournisseur de technologie (dont on est client dépendant). Evidemment, certains éditeurs vivent mal qu'on essaye d'exporter des données dans un format dont ils sont propriétaires, ce qui est un douloureux rappel du fait que client et fournisseurs ont des objectifs parfois opposés.

Le libre permet des relations plus équilibrées

Les logiciels libres, au contraire, amenuisent la dépendance entre l'utilisateur et le fournisseur. Ayant accès au code source, le client peut mieux choisir et mieux négocier avec ses fournisseurs. En revanche, un des effets de bord est qu'il est infiniment plus difficile pour un éditeur de logiciels de monter un empire en deux décennies. Il est donc peu probable que nous connaîtrons de nouveaux empires logiciels à l'image de ceux qui existent aujourd'hui.
Si c'est le prix à payer pour disposer d'une informatique d'entreprise où c'est le client qui a le contrôle et non pas le fournisseur, je suis certain que la plupart des DSI sont prêts à s'en accommoder !

Tristan Nitot

Tristan Nitot est une personnalité emblématique du monde de l'open source. Il est le fondateur et actuel président de Mozilla Europe, connu pour son navigateur Web Firefox. Il est également un des initiateurs du projet de documentation libre Openweb.eu.org, projet qui vise à promouvoir les standards du Web et l'accessibilité en vue de rendre le Web utilisable par tous.

Tristan Nitot, qui a mené une partie de sa carrière chez Netscape, est également blogueur depuis 2002 sur Standblog.org.

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7 AVIS SUR CET ARTICLE
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Avis sur «De la fin des empires logiciels»

 

pas evident

de gkctonpc , posté le 05 janvier 2009 à 21h13
certain s effondre d se autre se cree
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D'autres types d'empires

de Tristan Nitot , posté le 06 janvier 2009 à 11h19
Je crois que si un empire du logiciel est en train de se créer, c'est Google et d'autres en tant que Saas (Software as a Service), mais pas sous forme d'éditeur de logiciels propriétaires ni Libres.

Il n'est pas certain que l'utilisateur gagne au change, toutefois, du moins en terme d'indépendance. Comment migrer quand vos données sont chez vos fournisseurs ?
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...

de Seb_2411 , posté le 07 janvier 2009 à 10h53
Reste donc a mettre en place des solutions concurrente aux SaaS.

La techno est la.
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et Red Hat ?

de bartonfink , posté le 07 janvier 2009 à 17h14
Red Hat n'est-il pas un exemple de nouvel empire du monde du libre ?
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Bemol Bemol

de tontonmax69 , posté le 15 janvier 2009 à 11h54
Bravo tristant pour ta pedagogie
que dire de Mysql et autre produit devenu "incontrounable" qui feront l'avenir des empires existant ?
Ensuite il faut aussi regarder sur la valorisation des compétences elles même
les situations de rente pose un probleme etique, le tjs moins cher restera quand meme l'objectifs des dsi et drh ...
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Bonne nouvelle

de Traroth2 , posté le 10 mars 2009 à 12h38
Plus de nouveaux empires ? Je suis le seul à trouver que c'est une bonne nouvelle ? Parallèlement, la quantité de travail à accomplir étant stable, on va donc assister à une multiplication de structures plus petites, distribuant une plus grande part de la richesse qu'elles produisent à leurs salariés. Très bien ! Les seuls perdants dans l'histoire sont les gros actionnaires des grosses sociétés.
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Pas d'accord avec tout

de Traroth2 , posté le 10 mars 2009 à 12h43
"le « business model » qui consiste à vendre du support n'a pas d'avenir. En effet, (...) c'est une étape transitoire dans la maturation d'un projet de logiciel libre" : C'est sans doute vrai pour des applications qu'on vend sur étagère dans le modèle propriétaire (outils bureautiques, comptabilité, outils graphiques, sécurité...), mais c'est clairement faux pour les gros outils structurants. Une entreprise industrielle n'a pas forcément vocation à posséder elle-même les compétences pour la mise en place d'un ERP ou d'un outil de CRM.
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