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Quels sont les grands axes de votre mandat ?
Bruno Ménard : le Cigref s'est doté jusqu'en 2010 d'un plan stratégique que j'entends poursuivre. Il précise notre mission (promouvoir l'usage des SI comme facteur de création de valeur et source d'innovation pour l'entreprise), mais décrit surtout les trois finalités autour desquelles nous déployons nos activités : identifier les meilleures pratiques et développer des visions prospectives, accompagner et valoriser les DSI dans l'exercice de leur métier, développer une vision à long terme de l'impact des systèmes et technologies de l'information sur l'entreprise, l'économie et la société. J'ai aussi à cœur de travailler sur le renforcement de la relation entre les DSI et les directions métier. Nous lançons enfin un grand programme international d'études dénommé “ IS Dynamics ”. Il consiste à tirer des enseignements de l'informatisation des entreprises au cours des 40 dernières années, à travers les grandes transformations technologiques et sociétales.
Quel rôle doit jouer le DSI dans la situation économique dégradée actuelle ?
BM : il faut espérer que la recherche de création de valeur ne s'essouffle pas. Nos directions générales savent aujourd'hui que le recours aux technologies de l'information réduit les coûts et améliore la productivité. Les DSI doivent être forces de propositions pour les métiers, et continuer à travailler la performance des processus informatiques.
Comment justifiez-vous vos investissements auprès de votre direction générale ?
BM : l'entreprise du futur tirera parti des technologies de l'information pour développer ses modèles d'affaires, impliquer le client dans le design des produits, promouvoir un ensemble de services, créer un contexte, un style de vie… Elle sera connectée avec ses marchés pour se différencier, grâce à des modes de collaboration temporaires et dynamiques. Les SI aident à constituer de nouveaux modes opératoires, selon une chaîne de valeur continue qui se structure à partir des compétences et des capacités, en toute flexibilité. Les flux d'informations se recomposent en fonction des réseaux qui se créent et disparaissent. La révolution sociologique dans nos entreprises est en marche. Je ne crois pas que l'on puisse à ce jour gagner des parts de marché sur le terrain de jeux global sans un usage intelligent et dynamique des technologies de l'information. Nous sommes dans l'ère du consommateur numérique.
Microsoft, Oracle, SAP et Google. Pourquoi le Cigref travaille-t-il avec des fournisseurs ?
BM : l'évolution de leurs politiques commerciales influe négativement sur nos coûts fixes. Nous avons alors du mal à initier de nouveaux projets. Nous sommes donc préoccupés par la tension croissante qui existe sur la maintenance. Le licensing reste complexe, les roadmaps incertaines. L'absence d'engagement de résultat de l'industrie du logiciel risque de ralentir l'expansion des SI.
Vers quelles grandes orientations la fonction de DSI tend-elle ?
BM : les DSI sont les directeurs généraux de l'entreprise numérique. C'est une formidable opportunité pour accompagner le développement de nouvelles capacités. Le métier de DSI comporte une dimension humaine fondamentale. Au-delà de la technologie, des femmes et des hommes bâtissent des systèmes d'information performants. Développer les compétences de leadership, les expertises, les aptitudes. Apprendre à nos collaborateurs à mettre en place une relation d'égal à égal avec les métiers, sans renier notre culture de service. Le DSI d'aujourd'hui peut offrir à toutes les générations des parcours professionnels passionnants au sein de nos grandes entreprises.
Sup de Co Lille, maîtrise de finance et diplôme de comptabilité.
Entre chez Sanofi-Aventis en 1987. Travaille en France et aux Etats-Unis, puis devient DG à Singapour et Manille.
En 1998, il rejoint l'équipe de direction de l'organisation commerciale du groupe.
En 2001, il est nommé vice-président SI.
Il a été élu président du Cigref en octobre 2008.
















