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Du technicien au stratège, dix ans de trophées DSI

Juin 1999 : 01 Informatique récompense les premiers DSI. Depuis, le palmarès s'est étoffé et, aujourd'hui, neuf trophées sont décernés. Si tous les vainqueurs revendiquent leur singularité, les critères de sélection ont toujours porté sur l'innovation, le bénéfice apporté au métier et les capacités de management.
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Dix ans déjà que 01 remet ses récompenses aux DSI méritants de l'année. A l'occasion de cet anniversaire, la rédaction passe en revue quelques étapes clés de l'informatique de cette décennie par le prisme de cette cérémonie. Premier temps fort en juin 1999, lors de la création de l'événement. Qui coïncide, comme par hasard, avec un changement de statut de celui que l'on appelle encore directeur informatique. 01 s'interroge déjà cette année-là : “ Faut-il dire DI ou DSI ? ”. Le patron informatique n'est plus seulement un technicien. “ On assiste à l'émergence d'un DI qui devient aussi un stratège. ”

Bernard Riquier, fondateur du cabinet de conseil en ressources humaines qui porte son nom, esquisse alors un portrait du directeur informatique idéal : “ Au-delà de ses compétences techniques, il doit être un vrai patron et connaître parfaitement le secteur d'activité de l'entreprise. ” Doté de qualité relationnelle, capable de gérer des équipes, il doit donner une vision générale de la stratégie et des enjeux de l'entreprise… Ce que l'on appelle aujourd'hui l'alignement des systèmes d'information (SI) sur la stratégie de l'entreprise. Anticipant les évolutions technologiques, il doit être à l'écoute des utilisateurs et comprendre les métiers. Daniel Zamparini, alors nouveau DSI de PSA, joue d'ailleurs les précurseurs en 1999, en avouant avoir visité tous les services de son entreprise au cours des dix derniers mois. En fait, le portrait-robot du DSI idéal n'a finalement pas changé depuis dix ans. Si ce n'est qu'il va peu à peu imposer sa présence au sein des comités de direction.

Côté projets, ces dix années ont été marquées par une mobilisation importante autour de deux chantiers : le passage à l'an 2000 et l'euro. Des figures imposées dont ont profité plusieurs patrons informatiques pour valider d'autres projets plus ambitieux auprès de leurs directions générales.

Une croissance portée par les projets du secteur public

Début 2000, survient la vague internet. Le poste de directeur NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication) apparaît alors. Le DSI déjà en place reste affecté à l'informatique de gestion. L'éclatement de la bulle internet instaure une certaine défiance des directions générales à l'égard des technologies. Heureusement, le marché informatique poursuit sa croissance grâce aux projets du secteur public, dont l'un des fers de lance est à l'époque le programme Copernic mené par Bercy, coup d'envoi d'une refonte du back office basée sur des PGI. Les collectivités locales emboîteront le pas à l'Administration en multipliant refontes et chantiers de téléprocédures (autour du contrôle de la légalité ou des marchés publics). De leur côté, quelques hôpitaux pionniers tel l'Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) expérimentent en interne le dossier médical partagé. Avec le développement de ces téléservices dans le public et le privé, la société de l'information se met en marche. Le grand public s'intéresse de plus en plus aux technologies. Les DSI sont confrontés à des utilisateurs exigeants qui souhaitent bénéficier au travail des mêmes équipements qu'à la maison.

A partir de 2003, la “ webisation ” des applications, la téléphonie sur IP, l'entreprise étendue, la mobilité, avec les besoins de sécurité que cela implique, sont à l'ordre du jour dans les entreprises. Mais comme pour ses homologues des autres directions, le DSI doit veiller à la réduction des coûts. Ses relations avec les fournisseurs évoluent. Il en réduit le nombre, remet à plat les contrats et envisage parfois une solution d'externalisation. Plus récemment, de nouveaux concepts comme le développement durable, le web 2.0 ou le cloud computing sont entrés dans son univers quotidien.

Contribuer à la réactivité des services de l'entreprise

En 1999, Pierre-Yves Le Bihan, alors délégué général du Cigref, indiquait déjà que le critère d'excellence pour un DI était “ sa contribution à la création de valeur en termes de réactivité des différents services de l'entreprise ”. Aujourd'hui, le même club cherche à mesurer toujours plus finement cette contribution.

Certes, les Grands Prix 01 ont toujours été décernés à des DSI de grandes structures du secteur privé ou public, mais on voit que les DSI des PME réalisent aussi de belles performances. En effet, Serge Mémy, de la société de courtage en assurances Diot (élu en 2001), ou Olivier Clos, DSI du distributeur de vêtements pour enfants Orchestra (primé en 2003), ont fait partie des lauréats dans leur secteur.

Portrait-robot d'un superlauréat

Il pilote l'informatique d'une grande structure du secteur privé ou du secteur public (60/40). Les secteurs Industrie et Administration et services publics sont chacun représentés quatre fois.
C'est un homme. L'exception est Maryvonne Cronier, Grand Prix 2005. Encore que Pascale Montrocher, lauréate dans le domaine Service public, avait ouvert la voie dès 2000.
Obligatoirement expérimenté, il a la cinquantaine.
Il est ingénieur de formation (cinq cas sur dix).

Mais l'on trouve également deux diplômés de mathématiques, un énarque et deux autodidactes.

Les 10 grands prix

1999 : Jean-Pierre Corniou (Groupe Usinor)
2000 : François Gitton (Kraft Jacobs Suchard France, Espagne et Benelux)
2001 : Alain Poussereau (Cnav-TS)
2002 : Alain Pouyat (Groupe Bouygues)
2003 : André Ampelas (RATP)
2004 : Didier Lambert (Groupe Essilor)
2005 : Maryvonne Cronier (Cnam-TS)
2006 : Edouard Odier (Groupe Air France)
2007 : Bertrand Kientz (Groupe JCDecaux)
2008 : Georges Epinette (Groupement Les Mousquetaires)

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