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Une grande variété d'architectures “ dans les nuages ”

Des progiciels réputés pour mal se prêter au mode Saas sont disponibles “ à la demande ” en mode hébergé. Les besoins de personnalisation inhérents à ce modèle impliquent parfois des concessions techniques en termes d'architecture logicielle.
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Le Software as a Service (Saas), héritier du mouvement des fournisseurs d'applications hébergées (ou ASP) du début des années 2000, constitue la composante la mieux établie du cloud computing. Même si la palette d'applications initialement disponibles restait limitée, le modèle a été adopté très tôt pour la gestion de la relation client (GRC), comme pour les outils de communication et de travail de groupe. Depuis, les progiciels de gestion intégrés (PGI) ou de gestion de ressources humaines, d'abord réputés inadaptés à une utilisation en ligne, ont rejoint l'offre.

Certains spécialistes, tels Netsuite (PGI et GRC) et Workday (GRH et finances), ont choisi directement le mode à la demande. Des acteurs traditionnels livrent de nouveaux produits nativement Saas (SAP avec Business by Design), ou refondent le code de leurs applications pour les rendre disponibles sur le cloud (Coda et Fujitsu-Glovia sur Force.com). Des éditeurs déclinent leur existant en version Saas : ERP Syteline d'Infor, Human Capital Management (HCM) de Lawson, ERP5 de Nexedi…

Des disparités techniques

De fait, le label Saas cache de profondes disparités techniques. L'architecture multitenant ou multilocataire, dans laquelle une seule instance applicative fournit des environnements isolés aux différentes entreprises utilisatrices, fait parfois figure de panacée. Elle associe un fort niveau de mutualisation sur les serveurs (une promesse de baisse des coûts) à de bonnes capacités de personnalisation, indispensable pour les logiciels complexes. D'autres choix restent possibles. HCM de Lawson fonctionne dans un conteneur virtuel, chaque client dispose de son instance et l'adapte à ses besoins. ERP5 en ligne, de Nexedi, très mutualisé en version gratuite, peut devenir dédié quand le client monte en puissance. Idem pour les logiciels de travail collaboratif. Les éditeurs de solutions traditionnelles, Microsoft et IBM en tête, font évoluer leurs gammes vers le mode Saas, ce qui impose un redéveloppement multitenant. Dans le cas de Planzone, solution de gestion de projet allégée disponible en ligne, “ le code d'Augeo 5 n'était pas adaptable au modèle Saas. Nous avons recyclé la connaissance métier, la modélisation et les process mais pas le code ”, explique Stéphane Carrez, architecte technique chez Augeo.

Des DSI qui privilégient le coût et la facilité d'usage

Les architectures totalement multitenant restent rares. Deux seulement sont recensées dans les applications hébergées par Colt. Loïc Simon, en charge du Club Alliances, des éditeurs engagés dans le Saas autour d'IBM, affirme : “ Certains ont redéveloppé leur application pour la rendre multitenant. D'autres lui en donnent l'apparence. ” Est-ce encore du Saas ? Pas selon la définition du cabinet CSC. Mais les DSI se montrent plus pratiques. Ils choisissent le Saas lorsque leur budget est réduit ou le système d'information limité.

Mais comme “ tout le système d'information n'ira pas dans les nuages, les projets réussis seront ceux qui livreront la plus grande valeur métier pour le budget disponible en sélectionnant et assemblant de façon optimale des composants progiciels classiques, open source, Saas ou développés sur mesure ”, explique Jean-François Caenen, directeur technique de Capgemini. Selon un responsable GRC d'Oracle : “ Lorsque l'outil de GRC reste critique, fortement différenciateur, l'entreprise opte pour un logiciel traditionnel. ” Il en sera de même pour les progiciels plus complexes, ce qui rend nécessaire l'intégration des logiciels Saas à l'entreprise. Des API sont donc proposées pour aider à l'échange de données en production ou à la migration. Laurent Guiraud, directeur technique Google Enterprise le confirme, “ la demande des clients est forte pour que les applications Saas interagissent avec le système d'information existant ”.

Les deux modèles de Saas

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L'architecture multitenant repose sur une seule instance applicative qui fournit aux entreprises utilisatrices des environnements isolés les uns par rapport aux autres. Dans le modèle virtualisé, plusieurs instances applicatives partagent une base de données commune.

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