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“ Notre première priorité est de restaurer la confiance de nos clients, de nos employés, de nos fournisseurs et de nos investisseurs. ” C’est ce qu’a affirmé lundi 12 janvier 2009 l’un des membres du conseil d’administration de guerre nommé par le gouvernement indien à la tête de Satyam.
Ce conseil doit d’une part tirer au clair la situation financière réelle de l’entreprise, après que son fondateur ait reconnu que les comptes étaient massivement truqués, et d’autre part s’occuper de sauver ce qui peut l’être de l’activité du groupe.
Le fonds de commerce est a priori considérable. Satyam est la quatrième société de services informatiques indienne et dispose de clients comme General Electric, General Motors, Nestlé, Qantas, Fujitsu et bien d’autres. La firme leur fournit aussi bien des services informatiques que la sous-traitance de leurs opérations administratives ou de leur service clients. Mais ces performances professionnelles, qui s’appuient sur plus de 50 000 salariés, sont aujourd’hui terriblement fragiles. Car les clients du groupe sont tentés d’aller voir ailleurs. Des sociétés qui fournissent des conseils en matière de sous-traitance, comme Forrester, font état de telles interrogations.
Pour les entreprises internationales qui disposent de plusieurs partenaires en Inde, le scénario le plus vraisemblable consisterait en un transfert de tout ou partie de leurs contrats Satyam vers ses concurrents. Par exemple, notent les analystes, des multinationales comme General Motors, qui travaille avec Satyam et Wipro, pourraient renforcer leurs liens avec le deuxième groupe au détriment du premier.
Selon les spécialistes de la banque Citi, même si l’affaire Satyam est “ globalement négative pour le secteur des technologies de l’information offshore ”, elle pourrait paradoxalement profiter aux sociétés “ les plus grandes et les plus transparentes ” comme TCS, Infosys et Wipro. A cet égard, la décision annoncée lundi par la Banque mondiale d’exclure Wipro de la liste de ses fournisseurs en raison de l’octroi d’avantages irréguliers à certains salariés de la banque tombe mal.
Certains experts n’excluent pas qu’une éventuelle vague de méfiance envers les SSII indiennes ne profite à leurs concurrentes européennes comme Capgemini. Les rivales indiennes de Satyam comptent bien saisir toute opportunité. Le week-end dernier, Infosys et Wipro ont affirmé qu’ils ne procéderaient pas à des débauchages de salariés de Satyam. En revanche, “ si des clients de Satyam nous approchent pour nous confier du travail, nous ne refuserons pas ”, ont affirmé en substance des responsables des deux groupes.
Dans ces conditions, il est une hypothèse dont on ne parle plus ces derniers jours : celle d’un rachat pur et simple de la compagnie. Le sentiment général semble être que personne ne va se risquer à s’engager dans cette galère, alors qu’il est impossible d’y voir clair dans la situation financière de Satyam. Mais un coup de théâtre reste bien entendu toujours possible.
















