Smil 3.0 jette un pont entre les formats d'animation
Le langage du W3C s'enrichit de mécanismes pour piloter les technologies de gestion des sous-titres et de métadonnées d'Apple et de Realnetworks
01net.
le 18/12/08 à 00h00
Les faits
Le consortium W3C livre la 3e spécification du langage de présentation Smil (Synchronized Multimedia Integration Language).
L'analyse
Le langage Smil transforme les lecteurs multimédias en tables de montage. Suivant des critères temporels, il synchronise l'image, la vidéo, le texte, le son et les liens hypertextes. Afin de palier la multiplication des formats d'animation (Flash, Silverlight...), la version 3.0 se veut plus fédératrice. Ainsi, la norme de sous-titres Smil-text réalise une synthèse des technologies employées sur internet. Un développeur peut utiliser Quicktext d'Apple, Realtext de Realnetworks ou Timed Text du W3C, puis concevoir une feuille de styles transformables interprétable par tous les clients Smil. D'où un gain de temps.
Une adoption partielle par les navigateurs
Smil 3.0 est désormais capable de constituer des conteneurs de métadonnées afin de synchroniser des éléments multimédias hétérogènes. Il prend également en charge les effets de caméra de type translation et zoom. Afin d'améliorer le visionnage de vidéos, cette spécification prévoit aussi le stockage d'un état de pause lors d'une lecture, laquelle peut reprendre là où elle s'était arrêtée.
Depuis 1998, les efforts du W3C pour améliorer l'interopérabilité du langage se traduisent par un niveau d'adoption satisfaisant mais perfectible. Aujourd'hui, la plupart des industriels tels Apple, Adobe, Realnetworks, IBM ou Intel l'ont adopté. Reste que Smil n'est pas pris en charge nativement par les navigateurs Firefox 3.0 et Internet Explorer 7, Microsoft défendant sa spécification Sami. Quant à Firefox, il ne s'appuie que sur l'extension Ambulant, disponible sous Linux et Windows 32 bits. Mais une prochaine mise à jour du navigateur de la fondation Mozilla devrait généraliser l'adoption de Smil.
2 questions à... : Thierry Michel, responsable du groupe de travail multimédia synchronisé au sein du W3C
Quelles concessions avez-vous fait pour rendre Smil universel ?
' Nous avons créé le plus petit dénominateur commun entre toutes les technologies de synchronisation multimédia afin de les faire cohabiter. Par exemple, Smil autorise aujourd'hui l'incorporation de texte dans du code HTML, alors qu'auparavant il fallait lappeler. '
Quels nouveaux services Smil 3.0 peut-il rendre ?
' On peut imaginer que des services de vidéo à la demande, tel YouTube, proposent des doublages audio ou des sous-titres. Autre point, Smil autorise la lecture audio de textes, ce qui est utile pour les non-voyants et les utilisateurs de livres électroniques. Car la spécification a été conçue précisément pour cela. '