La gestion des patchs de sécurité doit être remise en cause
En novembre et décembre 2008, de nombreuses organisations ont subi des attaques virales. Il s'agissait dans la plupart des cas de l'exploitation de la faille Microsoft MS 08-067...
01net.
le 16/01/09 à 15h40
Entre le mois de novembre et le mois de décembre 2008, de nombreuses organisations ont subi des attaques virales. Dans tous les cas, il s'agissait de l'exploitation de la faille Microsoft MS 08-067,
l'ensemble de ces entreprises avaient partiellement déployé le patch et seuls les postes ou serveurs non traités ont été impactés par les virus.
Ces attaques virales sont le fait d'organisations criminelles dont les objectifs varient en fonction de leurs besoins immédiats. Dans certains cas, il s'agit, à l'aide des chevaux de Troie, de récupérer des
informations sensibles de l'entreprise (vol d'identité ou fraude financière) et éventuellement de bénéficier de larges bandes passantes pour lancer des attaques de type déni de service distribué sur diverses cibles. Dès la publication
d'une vulnérabilité système ou applicative, les pirates s'empressent de tester les réseaux non protégés ou non patchés si une mise à jour est disponible. Alors que les mises à jour nécessitent des tests pour prévenir d'éventuels
bugs, les virus, vers, rootkit ou autres malwares n'ont besoin que de quelques heures pour être opérationnels grâce à des outils de fuzzing
[méhtode
d'identification de failles, NDLR] disponibles sur Internet.
Le fait est que dès la publication de la faille MS 08-067, de nombreux sites présentaient des ' Proof of Concept '[preuve de la faisabilité du concept, NDLR] permettant de
l'exploiter. Les antivirus se mettent à jour quotidiennement, mais les presque deux millions de codes malveillants en circulation sur le Net bénéficient eux de patchs en moins de deux heures dès lors que leur signature est reconnue par les
éditeurs de logiciels de sécurité. Les correctifs de failles critiques sont à déployer en urgence, pourtant peu d'organisations ont été sensibles aux alertes lancées par Microsoft. Une remise en cause de la gestion de patchs est
aujourd'hui plus que nécessaire.
Laurence Ifrah
Laurence Ifrah est une criminologue spécialisée en criminalité numérique au
DRMCC (Département de recherche sur les menaces criminelles contemporaines) de l'Institut de criminologie de Paris, Université Paris II Panthéon-Assas. Consultant en sécurité des systèmes
d'information, expert en recouvrement de données et analyses de supports numériques, elle est aussi auditeur de la 19e session de
l'INHES (Institut national des hautes études de la sécurité).
Elle est également intervenante auprès des étudiants de 3e cycle du DRMCC sur la criminalité numérique et auprès de l'Institut d'études judiciaires. Loin des discours marketing, cet expert reconnu veille sur la
sécurité des entreprises.