Evaluation de la qualité logicielle : l'open source change la donne
Lors du choix d'un logiciel, le facteur prix est important, mais ça n'est pas l'unique critère. La qualité du logiciel est plus importante...
01net.
le 19/01/09 à 16h00
Lors du choix d'un logiciel, le facteur prix est important, mais ça n'est pas l'unique critère. La qualité du logiciel est probablement plus importante, quand on pense aux coûts générés par un logiciel qui fonctionne mal. Bien sûr, ces
coûts sont cachés la plupart du temps, car ils proviennent d'une perte de productivité qu'il est très difficile de quantifier.
Paradoxalement, il est particulièrement difficile de mesurer cette qualité a priori. Pour l'évaluer, trois aspects complémentaires sont à explorer :
- Essayer le logiciel dans des conditions aussi proches que possible de la réalité.
- ' Soulever le capot ' pour regarder comment est écrit et organisé le code.
- Voir comment le fournisseur réagit quand un bogue est découvert (temps de réponse, rapidité pour fournir un correctif ou un contournement, visibilité sur le processus).
Sur ces trois points, le logiciel libre l'emporte haut la main face au logiciel propriétaire.
Sur la possibilité de tester, il est certes possible de contacter le fournisseur pour avoir une version de prêt, mais cela signifie qu'il faut suivre un processus, avec autorisations à la clé et une limite dans le temps pour
l'évaluation, laquelle sera imposée par le commercial qui a tout intérêt à signer l'affaire au plus vite. A l'inverse, disposer de la version complète d'un logiciel libre se fait en quelques secondes, juste en cliquant sur le lien télécharger d'un
site Web.
En ce qui concerne la qualité du code, c'est tout aussi facile, puisque par définition pour un projet
open source, le code est ouvert et disponible au téléchargement. Enfin, là où la transparence de
l'open source donne le meilleur d'elle même, c'est sur la gestion, la traçabilité et la résolution des défauts logiciels, les fameux bogues. En effet, les projets libres d'une certaine envergure disposent d'une application Web
permettant la soumission et le suivi des bogues logiciels. Parmi les plus connus, on pourra citer
Bugzilla (créé et
utilisé par le projet Mozilla et
des centaines d'autres) et
Trac.
Le fonctionnement est simple : chacun peut ouvrir un compte dans l'application en vue de soumettre une demande d'amélioration du logiciel, soit pour une fonction manquante, soit pour résoudre un dysfonctionnement. On peut bien sûr
effectuer des recherches de rapports de bogues pour voir si le problème rencontré a déjà été signalé et pour quelle version il est prévu de le corriger, comment et avec quelle priorité. Il est ainsi possible de voir comment sont traités les rapports
de bogues.
Bien sûr, évaluer la qualité d'un logiciel en lisant des listes de bogues est moins rassurant que la lecture d'une plaquette en papier glacé. Toutefois, cette transparence a au moins le mérite de fournir des informations factuelles, qui
contrastent avec les promesses pas toujours très fiables des commerciaux...
Tristan Nitot
Tristan Nitot est une personnalité emblématique du monde de l'open source. Il est le fondateur et actuel président de
Mozilla Europe, connu pour son navigateur Web Firefox. Il est également un des initiateurs du projet de documentation libre Openweb.eu.org, projet qui vise à promouvoir les standards du
Web et l'accessibilité en vue de rendre le Web utilisable par tous.
Tristan Nitot, qui a mené une partie de sa carrière chez Netscape, est également blogueur depuis 2002 sur
Standblog.org.