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“ La biométrie avance doucement mais sûrement ”

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Quelles technologies de biométrie sortent aujourd'hui du lot ?
Ronald Huijgens : Le degré de bon fonctionnement d'une technologie biométrique dépend de son application. Il existe toujours un compromis entre divers paramètres : précision, fiabilité, coût, facilité d'utilisation, acceptation par les utilisateurs, facilité d'intégration ou vitesse… Il n'y a donc pas de technologie universelle. Ainsi, il suffit de lire une seule empreinte digitale au moyen d'un capteur capacitif économique dans le cas où l'identité de l'individu doit être authentifiée par rapport au modèle d'empreinte conservée sur une carte à puce en complément du code confidentiel (PIN). Par contre, dans le cas où de nombreuses personnes doivent être authentifiées avec grande précision, à grande vitesse et avec un faible pourcentage d'erreur, comme au passage d'une frontière, la simple authentification par empreinte digitale ne suffira pas. A ce jour, les principales technologies biométriques sont la reconnaissance du visage en 2D, des empreintes digitales ou de l'iris, essentiellement parce qu'il s'agit de celles préconisées par l'OACI (Organisation de l'aviation civile internationale) pour les documents de voyage.

La biométrie cryptée, ça marche ?
RH : Le chiffrement biométrique, ou biocryptographie, est apparu sur le marché début 2008. Cette technologie transforme tout trait biométrique (empreinte digitale, iris, visage, voix…) au moyen d'une fonction cryptographique à sens unique qui crée une clé ou paire de clés de chiffrement biométrique. Elle offre plusieurs avantages : rétro-ingénierie irréalisable ; possibilité d'avoir plusieurs pseudo-identifiants par individu et de les gérer tel un certificat d'infrastructure de clé publique (PKI) ; précision de comparaison similaire à celle de la biométrie classique, technologie économique, combinaison de différents modes de reconnaissances biométriques (empreintes digitales, iris, voix, visage…) envisageable ; enfin, chaque pseudo-identifiant est indépendant de tous les autres et le chiffrement biométrique résout les problèmes de respect de la vie privée liés à la biométrie classique. Des tests à grande échelle doivent être réalisés sur les produits existant afin d'avérer la performance promise par cette technologie.

Certaines technologies prometteuses ne sont-elles pas déjà expérimentées ?
RH : Dans le registre des recherches de caractéristiques biométriques faciles à détecter, et extrêmement précises, la reconnaissance des vaisseaux sanguins apparaît comme très prometteuse. Elle consiste à acquérir une image infrarouge de la configuration des vaisseaux sanguins (d'une partie) de la main ou du doigt. Ce dessin est spécifique à chaque individu, bien plus que les empreintes digitales. En outre, cette technologie étant par nature sans contact et simple à mettre en œuvre, des applications en libre-service sont dès à présent en cours de développement. Il s'agit, entre autres, de distributeurs automatiques de billets au Japon, dont 80 % sont désormais équipés de cette technologie pour une authentification forte des utilisateurs. Autre exemple : le contrôle d'accès en libre-service, principalement dans les ports maritimes. Il faut s'attendre à voir cette technologie se répandre dans un futur proche. Avec la biométrie multimodale, nous verrons aussi la mise en œuvre d'algorithmes de fusion destinés à accroître la précision de l'identification et de la vérification biométriques par la combinaison des résultats de plusieurs comparaisons. Enfin, la lecture d'iris à distance sur un sujet en mouvement sera largement disponible en 2009 et révolutionnera le marché.

A moyen terme, quelles seront les prochaines applications de la biométrie ?
RH : A l'avenir, il sera possible de payer chez les commerçants en se référant à des caractéristiques biométriques, la précision de la technologie étant suffisante pour ce type d'application. La biométrie multimodale sera mise à contribution afin d'atteindre les niveaux de précision nécessaires. En théorie, la carte de paiement pourrait devenir superflue. Puis, c'est l'univers RFID-NFC-mobile qui sera concerné. Dans un avenir lointain, le téléphone mobile sera omniprésent dans notre vie, assurant des services intelligents tels que les paiements mobiles et l'accès à internet – il sera équipé de diverses technologies (RFID, NFC, Bluetooth) mais aussi de lecteurs d'empreintes digitales et d'iris, afin de faciliter une authentification forte de l'utilisateur en situation de mobilité et en libre-service, pour nombre d'applications telles que le paiement ou le vote électronique.

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