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Michèle Hyron (Atos Origin) : “ nous prévoyons 200 000 heures de tests pour parer à l'imprévu ”

Le compte à rebours s'égrène déjà pour celle qui pilotera l'informatique des Jeux olympiques de Londres en 2012. Avec une équipe de 3 000 personnes, dont 400 d'Atos Origin.
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Quel est le rétroplanning d'ici au 27 juillet 2012, date d'ouverture des JO de Londres ?
Michèle Hyron : Le calendrier est assez serré, car trois ans et demi, c'est à la fois long et court. L'année 2009 sera celle de l'architecture et des spécifications. Nous posons déjà les fondations du projet avec le comité d'organisation des Jeux (Locog) et définissons les grandes stratégies de tests. Le matériel sera choisi en fonction de l'architecture retenue. En 2010, nous lancerons la fabrication logicielle avec, en premier, la mise en place du site web, pour que les bénévoles puissent postuler. En 2011, nous devrions conduire quelque 200 000 heures de tests pour prévoir l'imprévu. Entre juillet et août 2011, il y aura un “ test event ” pour chaque discipline. Lors de compétitions réelles sur les sites olympiques, nous allons tester les applications et les infrastructures, déployer les équipements, les installer, les configurer. Bref, nous passerons en mode opérationnel avec un service support et l'envoi des résultats.

Quels process conservez-vous pour 2012 ?
MH : Ceux concernant les opérations. Il s'agira de tester la bascule sur le centre de données de back up et le plan de recouvrement en cas de désastre. En mars et mai, nous mènerons des exercices de simulation de compétition avec envoi de résultats dans tous les systèmes. Nous injecterons des incidents pour voir comment les équipes réagissent en cas d'absence d'une personne clé ou d'un câble débranché. Après J-100, ça va très vite.

Comment cette montée en puissance va-t-elle se traduire en effectifs ?
MH : Pour l'instant, nous sommes huit. L'équipe va par la suite s'étoffer pour atteindre jusqu'à 3 000 personnes dont 400 issues d'Atos Origin. Parmi eux, nous aurons des salariés volontaires. En tant qu'intégrateur, Atos Origin coordonnera aussi l'ensemble des intervenants. Il n'y aura pas de possibilité de tirer individuellement son épingle du jeu, nous sommes condamnés à réussir ensemble. Le plan de charge va surtout augmenter en 2012. Il s'agira de former des équipes qui viennent du monde entier sur un temps très court. Nous nous appuierons également sur un programme d'e-learning.

Vous travaillez sur l'organisation des Jeux depuis dix ans. Qu'est-ce que vous et votre équipe en retirez comme expérience ?
MH : Atos Origin a accumulé une base de données conséquente sur les scénarios de test, une documentation renseignée… De façon moins formelle, il y a la connaissance de ce type de chantier très particulier et des embûches. Les huit membres de l'équipe actuelle (moi compris) ont été à Pékin, et pour certains à Athènes ou Turin. Ce noyau est important.

Y a-t-il néanmoins des exigences particulières qui pèsent sur ces Jeux ?
MH : Les contraintes de sécurité sont les mêmes. Il faut livrer les résultats en temps et en heure sans intrusion. Par contre, la demande de résultats en temps réel dans différents formats – images, vidéos… – s'amplifie. Nous allons travailler sur les processus d'accréditation dès 2009. Il faudra aussi gérer le caractère multisite de l'organisation : des compétitions auront lieu hors de la capitale anglaise, celles de football ou de voile, par exemple. Le summum a été atteint à Pékin avec une forte répartition des sites, sur Hong-kong notamment. Même si en Chine, la relation avec le comité d'organisation a été excellente, c'était assez compliqué au début de part et d'autre. Avec les Anglais, la langue et la culture nous rapprochent.

Bio express

52 ans. Diplômée de Polytechnique féminine, option électronique.
Avant les JO, elle a travaillé pendant treize ans dans l'industrie nucléaire, notamment comme chef de projet.
En 2002 : responsable qualité aux JO de Salt Lake City.
En 2004 : responsable de l'intégration aux JO d'Athènes.
En 2008 : responsable des opérations aux JO de Pékin.

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