“ Ces DSI frileux qui vont dans le mur ”
01 Informatique
le 21/01/2009 à 07h00
“ Factures à rallonge et innovation zéro, pourra-t-on dresser un bilan plus médiocre au sortir de la crise ? ”
Yann Serra, grand reporter à 01 Informatique
Parlons franc. Certains responsables informatiques, c'est-à-dire certains de nos lecteurs, privilégient la protection de leur fonction au détriment de la performance du système d'information. Pêle-mêle, ils basent aveuglément leur système d'information sur les leaders Oracle, Microsoft, IBM, SAP, se prémunissant ainsi contre tout reproche en cas de plantage. Il y a aussi cette nouvelle mode qui consiste à se débarrasser de son informatique chez un hébergeur. Cela présente plusieurs avantages, à commencer par ne plus se soucier de la maintenance des machines, trop coûteuse en temps, ni de l'administration des systèmes, laquelle est d'autant plus complexe qu'ils sont tous devenus virtuels. Accessoirement, il y a la perspective de ne plus avoir à conformer ses propres salles blanches à quelque encombrante norme de développement durable que l'Union européenne menace d'imposer. En cette période de crise économique, la stratégie de l'engagement minimum a paradoxalement toutes les chances d'être risquée. Outre le fait de réunir les options les plus chères, elle a surtout le défaut de ne plus créer de valeur au sein du service informatique. Tous les inconvénients sont réunis, même sur le plan des normes environnementales, puisque l'entreprise devra quand même produire les garanties de leur respect, en croisant les doigts pour que l'hébergeur puisse les lui fournir. Voici d'ailleurs une confidence : les outils de mesure écologique n'existent pas encore et tout contrat d'hébergement signé aujourd'hui ne protège pas contre une renégociation difficile lorsque l'on saura combien les centres de données devront rejeter de CO2. Et puis, se soulager de ses ressources matérielles signifie aussi licencier les personnels qui s'en occupent. Factures à rallonge et innovation zéro, pourra-t-on envisager un bilan plus médiocre au sortir de la crise ? Celle-ci, qui gèle de toute façon une partie de l'activité, n'est-elle pas au contraire l'occasion de cultiver les compétences internes sur des technologies d'avant-garde, histoire de rebondir plutôt que de s'écraser ?
y.serra@01informatique.fr