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Le scandale Satyam, la quatrième SSII indienne aux comptes truqués, n'en finit pas. Après le chiffre d'affaires et la marge opérationnelle, qui seraient faux, le nombre de salariés de l'entreprise serait erroné. A en croire les propos d’Ajay Kumar, procureur devant une cour de Hyderabad, au sud de l’Inde, Ramalinga Raju, le patron fondateur aurait monté, entre autres turpitudes, le mécanisme suivant : il aurait gonflé massivement les effectifs de Satyam, en créant quelque 13 000 salariés fantômes. Des salariés inexistants, donc, mais aux salaires bien réels : ces derniers auraient permis à M. Raju de siphonner quelque 244 millions de dollars au fil des ans.
A peine croyable, une telle magouille permettrait sans doute au fondateur de Satyam d’entrer dans le Guinness Book des Records. Elle suppose, en tout cas, une logistique de la fraude, pour la création et la maintenance de 13 000 salariés fictifs, ce qui semble une fois de plus écarter l’hypothèse d’une fraude individuelle montée par le seul patron de la société.
Autre accusation formulée par le procureur : Ramalinga Raju aurait également fabriqué de faux relevés bancaires pour faire croire à l’existence d’une trésorerie considérable – et parfaitement fictive elle aussi – dans les comptes de Satyam.
Alors que les révélations sur les fraudes commises au sein de la SSII prennent de l’ampleur de jour en jour, l’impact réel de l’affaire sur l’avenir de Satyam est encore difficile à mesurer. Mais les premières défections de clients se manifestent. L’américain State Farm Insurance a dénoncé son contrat avec la firme indienne. Et un deuxième assureur américain, Cigna, très gros client de Satyam, a lancé un ultimatum : si dans trois mois la situation n’est pas normalisée, il mettra fin à sa relation. Quant aux Nations unies, elles ont retiré la SSII de leur liste de fournisseurs.
Tout cela n’empêche pas certains groupes de manifester un intérêt pour une reprise de tout ou partie de Satyam. Le très gros groupe indien d’ingénierie Larsen & Toubro étudierait la possibilité d’une fusion entre la SSII et sa propre filiale informatique, L&T Infotech. En tout cas, il a porté vendredi la part qu’il détient dans Satyam de 4 à 12 %. La société Aegis serait intéressée, pour sa part, par une reprise de la seule activité de sous-traitance de Satyam. D’autres entreprises, indiennes et étrangères, regarderaient également le dossier, dont l’américaine iGate Corp.
Pour le moment, ces manifestations d’intérêt ne peuvent être que toute théoriques. Personne, en effet, ne connaît la situation financière réelle de Satyam. Il va falloir un moment pour que les nouveaux auditeurs puissent faire la lumière sur ce point crucial. En outre, personne non plus n’est en mesure d’évaluer les dommages et intérêts dont la SSII pourrait être redevable. De nombreuses poursuites sont engagées en Inde et, plus ennuyeux encore, aux Etats-Unis. Des condamnations à des versements considérables pourraient évidemment décourager les meilleures volontés.
















