Christophe Carel (Nerim) : “ Nous pourrions proposer très bientôt du 20 Mbit/s symétrique ”
L'opérateur pour entreprises se lance dans le dégroupage. Son ambition : proposer de nouvelles connexions comme l'eSDSL ou le VDSL2.
01net.
le 29/01/2009 à 15h58
01net. : Vous annoncez que vous vous lancez dans le dégroupage. Qu'est-ce que cela va changer par rapport à votre infrastructure existante ?
Christophe Carel, président de Nérim : Jusqu'à maintenant, nous nous appuyions sur les infrastructures de France Télécom/Orange et de SFR (anciennement neuf Cegetel) pour proposer nos offres, qu'elles soient ADSL ou SDSL. Aujourd'hui, nous allons construire notre propre réseau de collecte. Très concrètement, cela signifie que nous allons connecter nos propres équipements dans les DSLAM [répartiteurs NDLR] sur les paires de cuivres qui arrivent chez nos clients.
Actuellement nous sommes dans une phase pilote, où seules les entreprises situées dans les 1er et 2e arrondissements de Paris ainsi que dans certaines zones des Hauts-de-Seine profiteront de cette évolution. Mais nous envisageons de couvrir tout Paris à partir du mois de mars.
Que va apporter cette évolution du point de vue des offres ?
Nous allons en profiter pour mettre en œuvre de nouvelles technologies DSL telles que le G-SHDSL bis, appelé aussi eSDSL. Ce standard DSL nous permet d'offrir dès maintenant un débit de 3 Mbit/s symétrique sur une paire de cuivre, contre 2 Mbit/s actuellement avec le SDSL. Avec quatre paires de cuivre, nous pouvons atteindre une bande passante de 12 Mbit/s dans les deux sens contre 8 Mbit/s seulement actuellement.
Mais nous voulons aller plus loin. L'eSDL permet théoriquement de monter jusqu'à un débit de 5,7 Mbit/s par paire de cuivre. Nous serions donc en mesure de proposer des connexions avec un débit symétrique dépassant les 20 Mbit/s grâce à l'utilisation de quatre paires de cuivre. Mais pour cela il nous faut une validation de l'Arcep, car pour l'instant l'eSDL à 5,7 Mbit/s n'est pas autorisé en France.
Et votre offre ADSL ?
Nous allons également en profiter pour reprendre la main sur les lignes ADSL de nos clients. Mais cela ne changera rien au niveau du débit car la technologie ADSL2+ a atteint ses limites. Cela dit, le dégroupage va nous permettre de réduire les délais de mise en service à environ deux semaines au lieu de quatre ou cinq actuellement, aussi bien pour nos offres ADSL que pour nos offres SDSL.
Pour augmenter les débits des liens asymétriques, nous prévoyons également de proposer à nos clients du VDSL2, qui permet de monter jusqu'à 50 Mbit/s sur la voie descendante et 3 Mbit/s sur la voie montante. Mais pour l'instant cette technologie n'est pas, elle non plus, validée par l'Arcep. C'est dommage, car elle pourrait répondre à un besoin immédiat des entreprises, en attendant la structuration de l'offre par fibre optique.
Pourquoi avoir attendu si longtemps pour dégrouper ?
Pour deux raisons. Premièrement parce que jusqu'à maintenant nous n'avions pas les moyens financiers de le faire. Deuxièmement parce que le processus de dégroupage est beaucoup plus fluide qu'avant, qu'il a atteint sa maturité et que nous allons pouvoir nous y mettre sans encombre et sans risquer un procès.
Doit-on en conclure que votre entreprise ne connaît pas la crise ?
Pour l'instant, non heureusement. Nous allons bientôt clôre notre exercice 2008 sur une note positive avec un chiffre d'affaires proche de 12,5 millions d'euros, contre 10,6 millions en 2007. Nous espérons atteindre les 15 millions l'an prochain.