29 janvier 2009 : journée d'action commune des salariés de HP-EDS et d'IBM
Aujourd'hui, pour la première fois, des salariés de HP-EDS et d'IBM vont manifester sous la même banderole. Le mouvement pourrait peut-être faire tache d'huile dans le secteur high-tech.
01net.
le 29/01/2009 à 16h10
Aujourd'hui, jour de grande manifestation nationale, la CFDT a appelé les collaborateurs de HP-EDS et d'IBM à se réunir à Paris et en province, malgré leur statut de concurrents, pour défendre leurs emplois et leurs conditions de travail. Rappelons que le 26 janvier dernier, le syndicat Alliance@IBM, membre d'AFL-CIO, la première confédération syndicale américaine, a annoncé que le groupe américain IBM comptait supprimer 1 419 emplois dans la division logiciels, et 1 449 emplois dans la vente et la distribution. Mais, jusqu'à présent, la direction aurait juste confirmé au Wall Street Journal, l'envoi de lettres de licenciement.
Pour autant, si les syndicats se mobilisent aujourd'hui, c'est qu'ils s'inquiètent de cette politique de réduction des emplois qui ne date pas d'aujourd'hui. Selon Jean-Michel Daire, délégué syndical CFDT d'IBM, Big Blue a perdu 70 % de ses postes depuis 1992. Aujourd'hui, il perd près de 500 emplois par an. “ Le groupe pousse les gens à démissionner sur des motifs peu sérieux et ces départs individuels ne s'inscrivent dans aucune stratégie d'entreprise, affirme-t-il. Ils mettent en difficulté les entités car ils ne sont pas remplacés et que ce sont bien souvent les meilleurs collaborateurs qui partent ”.
Le mouvement pourrait s'étendre
De son côté, HP-EDS – qui vit là sa deuxième manifestation européenne, après celle, historique, du 13 novembre 2008 –, estime elle aussi que ses emplois sont menacés. “ Nous sommes dans la même logique qu'IBM mais chez nous, des chiffres ont été clairement affichés : dans le cadre de la fusion avec EDS, 24 000 emplois vont être supprimés dans le monde, dont près de 580 en France, assure Myriam Betouche, coordinatrice CFDT HP. Mais ces chiffres ne sont pas exhaustifs. Légalement, le rapprochement avec EDS n'est toujours pas effectif et nous suspectons très fortement un plan de sauvegarde de l'emploi caché ”.
Qu'il s'agisse d'IBM et de HP-EDS, le ras-le-bol vient aussi des rémunérations extravagantes de certains dirigeants et de la dégradation des conditions de travail. Plus généralement, la CFDT relève que les difficultés des employés de toutes les grandes sociétés d’informatique sont exactement les mêmes : stress, objectifs inatteignables, évaluations piégées, rotation effrénée des effectifs, suppressions d’emploi.
Forte de ce constat, l'organisation syndicale – un peu prise de court pour fédérer les différents acteurs de l'informatique avant le 29 janvier 2009 – espère maintenant que ce mouvement va s'étendre. Elle n'exclut pas de se réunir avec des sociétés telles que Microsoft, Cap Gemini, Bull, STmicroelectronics.