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La révision de la norme d'archivage électronique (NF Z42-013 pour les intimes) est enfin achevée. Sa publication est imminente. La version précédente datant de 2001, il devenait nécessaire de revoir ce texte, dont certaines spécifications ont bloqué la mise en œuvre de solutions d'archivage électronique conformes dans un très grand nombre d'entreprises. Ces dernières, obligées de conserver des formes numériques, avaient de fait emprunté d'autres voies, moins contraignantes, confortées en cela par l'arrivée d'offres positionnées sur ce besoin.
Le résultat de ce nouveau standard est un travail fouillé et précis sur de nombreux points, avec un document de référence dont la taille a augmenté de près de 50 % ! Parmi les évolutions notables figure la mise en œuvre de nouveaux types de supports Worm logiques et réinscriptibles. Pour chacun d'entre eux désormais éligible, des conditions sont imposées pour garantir, notamment, l'intégrité des documents. Toutefois, les spécifications d'emploi de supports réinscriptibles et assimilés comportent quelques imprécisions (procédé d'horodatage) et des incompatibilités entre les trois niveaux de sécurisation sur un même système. Car aussi complète soit elle, cette révision du standard d'archivage électronique présente encore des insuffisances et des complexités. Ce qui va probablement freiner les mises en place.
Autre exemple d'imperfection, on relève avec intérêt la présence d'un chapitre sur les copies de sécurité. Celui-ci est en revanche plutôt incomplet sur la protection des informations qu'elles contiennent. De plus, on imagine la complexité des processus de création et, surtout, de restauration si le choix s'est porté sur des supports de types différents entre la source et la copie (des Worm physiques d'un côté, et des cartouches magnétiques de l'autre, par exemple).
On aurait également souhaité trouver des développements plus importants sur les formats et les opérations qui leur sont liées, en particulier la migration de format. Le choix de ces derniers s'avère en effet déterminant pour garantir la pérennité des données. Renvoyer à des “ spécifications publiques et accessibles, et si possible normalisées ” n'est pas suffisant. Les précautions à prendre auraient été bienvenues, surtout avec l'augmentation du périmètre d'application de la norme qui comprend désormais les plans et les dessins en 2D ou en 3D, ou les documents composites comportant à la fois du texte, des plans et des schémas. Sans oublier les documents signés (factures électroniques, par exemple, avec les obligations de conservation afférentes) que la norme ne cite pas.
Par ailleurs, l'introduction d'un niveau d'exigences minimales et d'exigences complémentaires en remplacement des options de l'ancien texte constitue une bonne chose. Mais la lecture des exigences complémentaires laisse à penser que nous sommes de nouveau face à un système d'option et qu'il n'est a priori pas envisageable de mettre en place, au sein d'un même système d'archivage, des niveaux d'exigences différents par familles de documents.
A l'heure où la dématérialisation explose, les entreprises ont pourtant besoin de conserver les informations avec des garanties d'intégrité et de pérennité. Ce nouveau texte, complexe et souvent un peu trop théorique, est encore, selon moi, éloigné de leurs préoccupations, notamment sur le coût des solutions. Aux professionnels, maintenant, de rendre ce texte applicable sur le terrain.
D'ici là, il est probable qu'un grand nombre d'entreprises ne se satisfera pas des solutions pourtant conformes à la norme révisée. Le marché sera en attente d'évolution des offres de solutions logicielles et matérielles conformes. Il en ira de même avec l'adaptation des offres des professionnels de l'archivage électronique. On peut également craindre que nombre de sociétés, notamment celles de taille moyenne ou petite, optent pour la solution d'externalisation.
















