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Le Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas, grand-messe de l'électronique grand public, a été marqué par le retour de Palm et l'annonce de téléviseurs connectés en IP. Dell et HP, eux, ont présenté des miniPC bon marchés destinés aux professionnels.
Prenez un miniportable à grosso modo 400 euros, la coqueluche des ventes à Noël. Remplacez le boîtier noir brillant par un modèle gris mat ; retirez quelques logiciels inutiles ; gonflez un peu le processeur, et vous obtenez un netbook professionnel. Bienheureux donc celui qui saura différencier les derniers HP Mini 2130 estampillés Pro de ceux de la gamme grand public. Même tour de passe-passe côté PC de bureau : avec son immense écran tactile, le dernier HP dx9000 n'est autre qu'un clone du Touchsmart IQ-500 lancé l'été dernier. Seuls quelques logiciels, et le prix évidemment, font la différence. Il est donc bien loin le temps où l'innovation technologique commençait chez les professionnels avant d'être déclinée pour les particuliers.
Aujourd'hui, c'est le contraire : les produits grand public sont recyclés en modèles professionnels. Et pour cause. Auparavant, la recherche et le développement technologiques ciblaient en priorité les militaires et les industriels. Maintenant, elle chouchoute les amateurs de consoles de jeux, d'appareils multimédias et de téléphones portables. La preuve ? La Playstation 3 est à ce sujet un exemple éloquent. La puce Cell a d'abord été développée pour la console de jeux avant d'être déclinée sur les fermes de calcul d'IBM (les Bladecenter QS22). Il y a quelques années, une telle technologie aurait d'abord fait les beaux jours des supercalculateurs. Puis des versions bas de gamme auraient été développées pour les produits grand public.
Pourquoi un tel changement ? Probablement parce que les modèles économiques se sont inversés. Avec un grand public devenu technophile, il est possible d'atteindre de gros volumes bien plus rapidement qu'en ciblant des industriels ou des militaires. Le phénomène se vérifie dans le stockage. Si l'on envisage de remplacer les disques durs des serveurs de fichiers par de la mémoire flash, c'est parce que le succès de l'iPod et de ses clones a fait chuter les prix de façon vertigineuse. Un disque dur flash de 32 Go se négocie aujourd'hui moins de 100 euros contre plus de 200 euros l'année dernière. S'adresser au grand public a l'avantage de baisser les coûts et de diffuser la technologie beaucoup plus rapidement que si l'on vise des niches professionnelles. Que l'on ne s'étonne donc pas si des technologies comme les interfaces tactiles ou les écrans 3D débarquent dans l'entreprise après avoir fait leurs classes à la maison et dans les jeux vidéo.
Au final, on pourrait bien assister à un complet renversement de tendance. Jusqu'ici, c'était surtout des produits professionnels comme les PC portables ou les projecteurs qui étaient détournés vers un usage domestique. Demain, ce sera l'inverse. Par exemple, lors du CES, la tendance était aux téléviseurs communicants. Avec eux, plus besoin de câbles : photos et vidéos sont diffusées directement vers l'écran par réseau sans fil (Wi-Fi ou Ultrawideband). En entreprise, cette technologie remplacerait avantageusement les encombrants vidéoprojecteurs pour les présentations. Du coup, un téléviseur LCD de dernière génération et un ordinateur portable Wi-FI suffiraient. Simple et élégant. Et comme la technologie aura été largement amortie dans le grand public, elle sera d'autant plus accessible en entreprise.
Cette marche forcée des produits grand public vers l'entreprise pose pourtant la question de la fiabilité. A trop tirer sur les coûts, on finit par rogner sur la qualité. En oubliant que ce qui est supportable à la maison devient rapidement inacceptable au bureau.
Ce PC tout en un, doté d'un immense écran 22 pouces, se pilote du bout du doigt. Surface, l'équivalent de Microsoft pour les pros, coûte près de 20 000 euros. Le dx9000, lui, démarre à 1 300 euros.
Il reprend le meilleur de l'iPhone et du Blackberry : écran tactile et clavier coulissant. L'interface est ultraréactive et vraiment agréable. Mieux, l'appareil se recharge sans fil, par induction.
Plus d'ordinateur, juste un clavier ultraplat qui communique sans fil avec l'écran, c'est le concept de l'Eee Keyboard présenté par Asus au CES. On l'imagine déjà dans les salles de réunion.
Très légers et peu chers, les netbooks ont su séduire le grand public. Avec leurs processeurs capables d'exécuter Outlook et Powerpoint, ils intéressent désormais les professionnels.
“ L'omniprésence de l'informatique change la donne ”
“ Son intégration dans tous les aspects de la société – à la maison, dans les loisirs, dans la voiture – aura un énorme impact sur les technologies utilisées ces prochaines années dans les entreprises. Jusqu'ici, celles-ci maîtrisaient et contrôlaient la technologie. Bientôt, ce sont les individus qui dicteront leur loi. Ce qui entraînera un marché totalement nouveau pour les fournisseurs. ”
“ L'utilisateur s'immisce dans les choix de l'entreprise ”
“ Les responsables informatiques auront de plus en plus de mal à forcer leurs employés à utiliser telle ou telle technologie. Car la société change. Les utilisateurs réclament davantage de flexibilité. Ils attendent des réponses immédiates, et désirent également personnaliser leur environnement. ”
















