Premiers pas d'Apple vers la bureautique collaborative
En complément d'iWork'09, la firme de Cupertino proposera bientôt un site de partage de documents. Elle se rapproche ainsi des outils bureautiques en ligne, qui n'ont d'ailleurs pas tous fait leurs preuves.
01net.
le 22/01/09 à 00h00
Les faits
La version 9 d'iWork comprend le traitement de texte Pages 4.0, le tableur Numbers 2.0, et le logiciel de présentation Keynote 5.0. A la fin du mois, elle s'accompagnera du site iWork.com pour partager des documents avec un groupe de travail.
L'analyse
Apple est-il crédible dans la bureautique professionnelle ? Mathieu Poujol, directeur des technologies chez PAC, n'y croit pas. Selon lui, l'éditeur doit déjà revoir sa stratégie entreprise. A supposer qu'il en ait une. Gilles Polart-Donat, directeur d'Alixen, dénonce d'ores et déjà l'impossibilité de poster des documents sur iWork.com - le site de partage de documents d'Apple, encore en version bêta - depuis une autre suite bureautique : ' Lorsque l'on propose un outil de collaboration, il faut au minimum qu'il soit disponible pour tous ! ' Citons également la non-compatibilité avec les macros MS Office, ainsi que l'enregistrement par défaut des fichiers dans un format propre à Apple, même s'il est possible de l'exporter au format.doc... mais pas.odf, le format de bureautique libre.
Les nouvelles fonctions d'iWork'09 sont-elles réellement collaboratives ? Chez Apple, il n'y a pas d'édition simultanée par plusieurs utilisateurs : on ne peut que partager des fichiers et ajouter des commentaires. Une solution un peu facile pour contourner le problème de la gestion des privilèges pour les collaborateurs ! Ailleurs, il faut définir les droits d'accès et de modification au niveau des entités de base, telle la phrase pour un document texte. Un utilisateur est ainsi prévenu s'il essaie de modifier la même phrase qu'un de ses collaborateurs au même moment.
Éviter les outils trop complexes
D'autres éditeurs vont jusqu'à déployer des mécanismes équivalents aux outils de suivi de versions qu'utilisent les développeurs, comme Subversion ou CVS. Mais ' les utilisateurs non informaticiens ne sont pas prêts à utiliser des outils aussi complexes ', estime Gilles Polart-Donat. Google et Zoho préfèrent contourner le problème en présentant leurs solutions comme des suites avant tout collaboratives, arguant qu'elles vont au-delà de la bureautique, avec des fonctionnalités exclusives telles que la possibilité d'inter-agir avec des données de sites externes et des outils de conversation en temps réel.
A la décharge d'Apple, Jean-François Donikian, président de StarXpert, avance que les suites bureautiques en ligne ne sont pas encore très utilisées en entreprise. Mathieu Poujol, de PAC, confirme : ' Les entreprises n'investissent pas encore dans une bureautique de type Saas, car ce modèle est trop jeune et parce qu'il est difficile de chambouler les habitudes des utilisateurs. ' Louis Naugès, président de Revevol, est plus optimiste : ' Les suites en ligne comme Google Docs ont des fonctionnalités suffisantes pour la plupart des utilisateurs. Même si celles installées sur le poste local ont toujours leur raison d'être pour des usages avancés comme les macros. '
2 questions à... : Laure Goudiard du Mesnil, chef de produit Office Live chez Microsoft
Comment se positionne votre offre par rapport à iWork. com ?
' Microsoft Office Live Workspace, actuellement disponible en version bêta, autorise le partage et le stockage de documents en ligne. La version finale devrait bientôt être annoncée. Nous avons deux millions d'utilisateurs dans le monde et 65 000 en France. Les utilisateurs de Microsoft Office sur Macintosh peuvent d'ailleurs utiliser Office Live Workspace à la place d'iWork.com. '
Autorisez-vous l'édition de documents en ligne ?
' Non, mais la version 14 de notre suite bureautique, qui devrait sortir fin 2009, permettra l'édition de document dans le navigateur avec une version allégée d'Office. Toutes les fonctionnalités ne seront pas forcément intégrées pour des raisons de performance et de rapidité dans l'application Weboffice. Le but n'est pas de remplacer mais de compléter loffre existante. '