












Après les méthodes et les outils, les hommes constituent le troisième pilier de l'assurance qualité. D'abord, et pendant longtemps, ce sont les développeurs qui ont réalisé les tests. Mais désormais, cette fonction est devenue une activité à partentière. L'externaliser ou non est un débat qui reste ouvert.
L'indépendance entre l'équipe de développement et celle de test est généralement souhaitable. Dans la pratique, on observe plusieurs niveaux de dépendance. Le cas extrême survient quand le développeur teste son propre code. Dans les autres cas, les tests sont effectués par un autre développeur, ou par une équipe de test faisant partie de l'équipe de développement, ou encore par des testeurs spécialisés, mais toujours de l'entreprise. Le niveau ultime d'indépendance est obtenu lorsque les tests sont effectués par une organisation externe.
Pour garantir cette indépendance entre le développement et le test, mais aussi pour des raisons infrastructurelles et économiques, l'externalisation est souvent la solution choisie. Pourtant, selon Georges Epinette, DSI du Groupement des Mousquetaires, celle-ci n'est pas toujours souhaitable : “ Les tests constituent une excellente façon pour les équipes de capitaliser sur les fonctions des applications. Passer par la hotline, puis effectuer un séjour aux tests est le parcours idéal pour un collaborateur qui souhaiterait évoluer vers les études ou la relation client. L'idéal aujourd'hui est d'être à la fois un professionnel de la recette et de disposer de compétences fonctionnelles applicatives, ce que l'on ne pourrait pas avoir en externalisant la recette. ”
Mais qu'il soit en interne ou prestataire, testeur de logiciel devient un métier à part entière et possède désormais ses certifications avec le CFTL (Comité français des tests logiciels). “ Nous voyons apparaître des nomenclatures tels que testeur, analyste de test, test manager, testeur technique et consultant en tests. Ces divers profils s'appuient sur le schéma de certification proposé par l'ISTQB (International Software Testing Qualifications Board) et le CFTL. L'organisme de financement des formations Fafiec et la fédération Syntec sont aussi impliqués dans des filières professionnelles pour les testeurs de logiciels ”, précise Bernard Homès, président du CFTL. Les prestataires et les grands donneurs d'ordre commencent à être demandeurs. Orange, par exemple, exige maintenant que ses responsables de recette aient une certification du CFTL. Tout comme Bouygues Télécom, la SNCF, Informatique CDC ou Sopra, qu'il exigent de leurs prestataire soude leur personnel.
La plupart des grandes sociétés de service proposent en plus des prestations de développement, une sous-traitance partielle ou totale de la phase de test jusqu'à la recette finale (la tierce recette applicative ou TRA). Ces sociétés apportent leur expérience dans la maîtrise des outils et des méthodologies de tests. Acial, par exemple, propose une prestation de qualification du système d'information avec une démarche industrialisée de la phase de test et de recette. Cette société s'appuie sur les référentiels CMMi, Itil, TPI et sur les méthodologies BTO et Cars. La SSII Valtech Technology vient de lancer en France une offre de tierce recette applicative qui s'appuie sur les méthodes agiles. Elle est certifiée CMM niveau 5, ISO 9001 et ISO 27001.
L'offre de GFI Informatique intègre selon les cas des méthodes agiles ou une approche MDA (Model Driven Architecture) avec un générateur de code maison. La société a développé son générateur de cas de tests et déclare pouvoir détecter 50 % des anomalies, alors que les étapes de tests en détectent classiquement 30 %. Ces mesures s'appuient sur les références de Casper Jones qui déterminent de manière statistique le pourcentage d'anomalies résiduelles dans une application en fonction du nombre de lignes de code.
Certification. Le test logiciel gagne de l'importance mais la fonction de testeur figure de façon plus ou moins empirique dans les entreprises. Dans la nomenclature du Cigref, elle n'apparaît pas. Les compétences nécessaires ne sont pas garanties par un diplôme ou une certification reconnue. Le Comité français des tests logiciels (CFTL, www.cftl.net) est une association représentant la France au sein de l'ISTQB (International Software Testing Qualifications Board, ou www.istqb.org). Ces organismes développent et définissent des contenus standards pour les formations en tests logiciels. Le CFTL-ISTQ délivre des certifications des métiers du test, reconnues actuellement par 18 pays dans le monde.
Formation. Le CFTL ne délivre pas de formation. La société Knowledge Department est accréditée CFTL pour les cours intitulé Testeur certifié niveau fondation et Testeur certifié niveau avancé (trois modules : testeur technique, analyste de test, test manager). La société EGL, quant à elle, est accréditée pour le cours Testeur certifié niveau fondation.
