











“ Borland n'a pas réussi à imposer sa vision Open ALM, pourtant reconnue comme juste par les analystes ”
Pierre Tran, chef d'enquête à 01 Informatique
En ces périodes troubles, les annonces de licenciement se succèdent de manière inquiétante. Borland n'y échappe pas et fait part d'une réduction de 15 % de ses effectifs et du départ de son PDG Tod Nielsen. Presque banal, si ce n'est que le déclin a été amorcé depuis plus de deux ans. Tod Nielsen arrive chez Borland en novembre 2005. Pour diversifier ses activités, l'éditeur s'engage dans l'ALM (Application Lifecycle Management) en multipliant les acquisitions. Tod Nielsen va accentuer cette tendance. En 2006, l'activité ALM est en croissance et celle des outils de développement en déclin. Il décide de se séparer de son activité historique et crée la filiale Codegear qu'il met en vente. Ce n'est que deux ans plus tard, en 2008, que Codegear trouve acquéreur avec Embarcadero. Le boum de l'ALM espéré en 2007 n'est pas arrivé, du moins pas pour Borland. Face à un IBM omniprésent, un Microsoft agressif, et aux solutions open source émergentes, Borland n'a pas réussi à imposer sa vision Open ALM, une stratégie pourtant reconnue comme juste par les analystes. Ces mêmes analystes qui prévoyaient une croissance à deux chiffres pour le marché de l'ALM. Dans le contexte actuel, les entreprises sont-elles réticentes à adopter ces offres lourdes, qui s'apparentent à de la gouvernance ? Ou préfèrent-elles s'appuyer sur des éditeurs reconnus (IBM, HP, Microsoft) ? Toujours est-il que Tod Nielsen a conduit une analyst driven strategy qui mène Borland dans le mur. Cet ancien salarié de BEA et Oracle a également œuvré chez Microsoft, où il a créé de grandes choses telles que MSDN (Microsoft Developer Network). Sans doute moins inspiré chez Borland, il quitte aujourd'hui le navire avant qu'il ne sombre. Il rejoint VMware en tant que directeur des opérations. VMware est leader dans son domaine, mais se retrouve un peu face à la même situation que Borland il y a trois ans. Donné comme très prometteur par les analystes, le marché de la virtualisation voit arriver de sérieux concurrents (Microsoft, Xen). Le rôle de Tod Nielsen consistera à rationaliser le fonctionnement de cette boîte qui a grandi trop vite. Bonne chance VMware !
p.tran@01informatique.fr
