Enfin un concurrent sérieux face à l'iPhone et au Blackberry
Le Palm Pre et son WebOS cherchent à prouver qu'un terminal mobile peut reposer entièrement sur les standards du web.
01net.
le 29/01/09 à 00h00
Les faits
Palm a présenté le Pre et sa plate-forme WebOS lors du CES de Las Vegas qui s'est tenu début janvier. Ce smartphone reprend l'écran tactile multipoint de l'iPhone et le clavier du Blackberry.
L'analyse
Apple l'a prouvé. Il suffit d'un produit, vraiment innovant, pour relancer une entreprise à la déroute. Grâce à l'iMac, Apple était reparti à la conquête du monde. Avec le Pre, Palm rêve d'un destin similaire. Et de retrouver son rang sur l'avant-scène des terminaux mobiles. Or d'innovations, le Pre n'en manque pas. La plus impressionnante est sans doute la réactivité de son interface : le lancement des applications est instantané et les pages web défilent à toute allure. Du jamais vu sur un mobile. Ce tour de force est rendu possible par la toute dernière génération de processeur ARM OMAP3430. Trois fois plus rapide que l'ARM 11 de ses concurrents, il offre des performances proches de celles des processeurs Atom des mini-portables. Que l'on ne s'étonne pas si la prochaine génération d'iPhone, de PC de poche HTC ou de Nokia Série N embarque ce processeur et concurrence un peu plus les netbooks pour les applications web mobiles ou la bureautique légère. Avec ses performances, il peut accueillir un nouveau système d'exploitation : au c?"ur du Pre se trouve WebOS, un système dérivé de Linux. Mais sa couche d'affichage est déléguée à un moteur de rendu HTML, CSS et Javascript ?" Webkit en l'occurrence. Toutes les applications du Pre (contacts, client mail, lecteur multimédia, etc.) sont donc écrites en JavaScript. Palm leur a simplement donné accès au matériel avec des interfaces de programmation spécifiques. Et le résultat est saisissant : on ne constate aucune différence avec des applications natives écrites en C. En fait, ces applications fonctionnent et s'écrivent exactement comme les widgets et autres gadgets des autres systèmes d'exploitation. Elles ont accès au stockage local, aux fonctions tactiles, au téléphone ou au GPS. Ce qui est radicalement nouveau.
Des applications web natives
En faisant ce pari des standards, Palm s'attire les faveurs de la communauté des développeurs. Car la barrière d'entrée sera nulle pour celui qui maîtrise HTML, CSS et Javascript. Avec l'iPhone, le Blackberry ou Windows Mobile, il faut apprendre un nouveau langage. Là, le développeur web garde ses réflexes. Mieux : les applications s'intègrent plus facilement avec des services web, puisqu'elles parlent le même langage et s'appuient sur les mêmes standards. Jusqu'ici, les applications web ciblaient le navigateur. Avec sa plate-forme Air, Adobe tente de combiner application web et application locale, mais dans une optique multiplate-forme. Avec WebOS, Palm va plus loin. Il cherche à prouver que le modèle de développement web peut aussi s'appliquer aux applications natives, très proches d'un matériel donné. S'il y parvient, lidée pourra faire école et consacrer Javascript en espéranto du développement des applications mobiles... ou non.
Palm : une histoire chaotique
1995 : rachat par US Robotics.
1996 : lancement du Palmpilot.
1997 : rachat par 3Com.
2001 : rachat de BeOS.
2003 : scission en Palmsource et PalmOne.
2005 : fusion avec Handspring, retour au nom Palm.
2006 : commercialisation du premier Treo Windows Mobile.
2007 : lancement du Foleo, un netbook, abandonné six mois plus tard.