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Le cloud computing devrait peser 42 milliards de dollars dans trois ans selon le cabinet d’études IDC. IBM, numéro deux mondial de l’informatique derrière HP, n’entend pas manquer cette opportunité. Il vient d’annoncer simultanément depuis Las Vegas, Shanghaï et la Silicon Valley, un renforcement de son offre.
Poussée par Erich Clementi, le vice-président en charge de la stratégie chez IBM, l’offre dite “ Blue Cloud ” combine à la fois du matériel, des logiciels et des services.
Sur le terrain, IBM possède déjà treize datacenters dédiés au cloud computing. Il a publié en janvier 2009 une version de ses applications Lotus capable de s’exécuter à distance selon le modèle du cloud computing et avait présenté en décembre dernier des services de conseil et d’accompagnement destinés aux entreprises tentées par le cloud computing. Aujourd’hui, il annonce plusieurs nouveaux logiciels s’appuyant sur ses gammes Tivoli et Rational.
Service Management Center for Cloud Computing, une solution de gestion des services déployés sur le “ nuage ”, rassemble la nouvelle version de Tivoli Provisioning Manager (version 7.1) et le nouveau logiciel Tivoli Service Automation Manager. La dernière mouture d’IBM Rational AppScan (version 7.8) permet quant à elle de vérifier les niveaux de sécurité et de conformité des applications déployées sur le nuage. Les fonctions de monitoring sont fournies par le nouveau logiciel Rational AppScan OnDemand.
En complément de ses services de conseil et d’accompagnement, IBM propose des outils ainsi que des services de modélisation et de tests permettant d’anticiper le comportement d’une application avant son déploiement en grandeur réelle sur le nuage. Le géant américain annonce également le lancement d’ici à la fin 2009 d’un service de stockage en ligne sécurisé, facturé à l’usage et baptisé Tivoli Storage as a Service.
Même quand on s’appelle IBM, l’union fait la force. Big Blue a annoncé ce mardi 10 février la signature d’un partenariat important dans le domaine du cloud computing avec Juniper Networks, le principal concurrent de Cisco sur le marché des équipements réseaux. Juniper apporte à IBM son expertise réseau afin de l’aider à connecter les entreprises à ses datacenters.
Les deux partenaires ont mis au point une technologie qui autorise la mise en œuvre de solutions de cloud computing dites hybrides. Concrètement, grâce à cette technologie, les entreprises peuvent faire fonctionner leurs applications indifféremment dans leurs propres datacenters (on parle ici de nuages “ privés ”) ou dans des datacenters tiers (des nuages “ publics ” sécurisés comme ceux proposés par IBM).
IBM et Juniper en ont fait la démonstration dans les laboratoires IBM de San Jose en présentant une console d’administration baptisée IBM Cloud Management Console qui permet aux responsables informatiques de déplacer les applications d’un nuage privé à un nuage public par un simple glisser-déposer. Le logiciel d’IBM fait directement appel aux API (bibliothèques d’interfaces de programmation) des équipements réseaux de Juniper qui utilisent le protocole MPLS (Multiprotocol Label Switching) pour améliorer la gestion et les performances des grands réseaux étendus.
Selon IBM, le cloud computing est une réponse très efficace à la crise, car il permet des économies importantes et surtout une flexibilité sans équivalent. Big Blue est persuadé que les solutions hybrides auront la préférence des entreprises, car il n’est pas question pour la plupart d’entre elles d’externaliser certaines applications et données critiques essentielles à leur activité.
Le constructeur devra toutefois s’imposer face à des concurrents redoutables. Les pionniers du secteur comme Amazon, Google ou Salesforce possèdent des offres matures tandis que les autres poids lourds historiques de l’informatique investissent massivement. HP s’est par exemple allié l’été dernier à Intel et Yahoo!, et Microsoft – qui présente actuellement sa plate-forme Windows Azure aux développeurs français à l’occasion des Techdays – doit lancer l’offre commerciale associée d’ici à la fin de l’année.
















