











“ Exécuter des dizaines d'environnements clients sur un serveur surpuissant coûte une fortune en électricité ”
Renaud Bonnet, grand reporter à 01 Informatique
Le lapin vert ne sort pas toujours par magie du chapeau de la virtualisation. Le tour, parfois, rate. Cela peut contribuer à réduire la consommation d'énergie en consolidant les serveurs. Fort bien. Mais les technologies actuelles de virtualisation de postes de travail se traduisent par des échecs énergétiques. Exécuter des dizaines d'environnements clients sur un serveur surpuissant coûte une fortune en électricité et en climatisation, côté salle informatique, là où ça pollue le plus. Stocker les données des utilisateurs sur des baies de disques hypersécurisées, redondées, ventilées, climatisées, au lieu de les laisser tranquillement dormir sur le disque dur d'un PC, en comparaison plutôt économique, constitue un autre non-sens. L'aura verte de la virtualisation commence déjà à pâlir. Aussi, quand arrive dans ma boîte aux lettres un courriel m'expliquant “ Comment Obama va stimuler l'économie avec les technologies vertes ”, et la virtualisation, je me méfie. Rigolade : il s'agit de présenter le produit d'un petit éditeur qui propose de connecter dix utilisateurs à un même PC au moyen d'un commutateur écran-clavier-souris. Réinvention tardive et dérisoire d'un modèle depuis longtemps périmé, et aussitôt présenté comme un parangon de verdeur. Belle tentative de jouer sur l'association virtuel = vert. Mais ça ne marche pas toujours…
Et pourtant, nous allons encore en entendre, des approximations de ce genre. L'abondant jus vert qui a suinté de l'industrie informatique au premier semestre 2008 m'avait déjà donné une légère nausée. Légère, mais réelle. Malaise de voir les questions environnementales réduites à des slogans marketing. Au second semestre écoulé, avec la crise bancaire et ses conséquences, les visages à leur tour sont devenus verts et l'industrie a baissé le ton d'un cran. Repos. Le pire se prépare pour 2009. D'un fléau l'autre : les technologies vertes, qui devaient déjà sauver la planète, ont désormais la lourde charge de sauver aussi l'économie américaine. Le nouveau président des Etats-Unis, premier président vert comme tout le monde le sait, a fait du développement des Green Tech l'un des points clés d'un plan de relance de 825 milliards de dollars. Nous sommes faits. Ils vont nous en faire manger matin, midi et soir.
r.bonnet@01informatique.fr
