Des PME françaises à la conquête de l'Inde
Les spécialistes français de l’informatique ont leur place en Inde : c’est ce que viennent de constater des éditeurs de logiciels très pointus venus la semaine dernière à la découverte du marché indien.
01net.
le 13/02/2009 à 18h10
Aria Technologies et Optis sont deux PME éditeurs de logiciels utilisés dans la protection de l’environnement. Cela leur a valu de faire partie du groupe d’entreprises françaises amené en Inde par Anne-Marie Idrac, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, à l’occasion du Sommet du développement durable qui vient de se tenir à New Delhi. Un voyage fructueux puisque les entreprises sont reparties avec des pistes précises de développement d’activités en Inde.
Le projet le plus avancé est celui d’Aria Technologies. Cette société de 25 personnes réalise des logiciels qui simulent la dispersion de polluants dans l’atmosphère, à l’échelle d’une usine, d’une ville ou d’une région. Déjà venue en Inde en octobre dernier, à l’occasion d’un premier voyage organisé par le Commerce extérieur, Aria Technologies avait identifié une piste prometteuse : la modélisation de la pollution de New Delhi… Ce deuxième voyage a permis de passer aux négociations avec les autorités indiennes.
Etablir des contacts
L’objectif est ambitieux : il s’agit d’élaborer un modèle reproduisant finement la nature et le volume des émissions de polluants de la mégapole. Une tâche dantesque, comme peut le certifier n’importe quel habitant de la capitale ! Ce travail, qui impose un considérable effort de collecte des données, doit permettre “ de déterminer la concentration au sol des polluants tout au long de la journée, et de faire des prévisions en fonction de la météo ”, explique Bernard Favre, responsable commercial. Et le logiciel permettra ensuite de faire des simulations de l’évolution de la pollution sur le long terme en fonction du nombre de voitures, de la construction éventuelle d’un périphérique, etc.
La signature du contrat serait un très gros coup pour Aria Technologies, qui pourrait être amené alors à créer une filiale en Inde. Mais la PME française a aussi établi des contacts avec une société de défense et de gros groupes industriels désireux de suivre les rejets de leurs usines. Pas de doute : “ L’Inde sera une de nos priorités à l’avenir ”, ajoute Bernard Favre.
Objectif : le bureau de vente directe
Chez Optis, les projets sont moins avancés, mais l’optimisme est le même. La spécialité maison, c’est la simulation des systèmes lumineux, depuis l’éclairage d’un bâtiment jusqu’à celui d’un tableau de bord de voiture. Ce qui permet d’optimiser le système d’éclairage et sa consommation, de vérifier sa conformité aux standards, etc. Optis a déjà des clients en Inde via Dassault Systèmes, ses produits pouvant être intégrés aux logiciels de simulation 3D du grand éditeur. Mais la PME veut aller plus loin : “ je suis venue en Inde pour établir des relations, identifier le marché, affirme Angela Green, responsable de la communication d’Optis. Je repars avec des opportunités concrètes, j’ai eu des rendez-vous avec des fabricants de luminaires, de feux de voitures et de téléphones portables, ajoute-t-elle. Mon sentiment, c’est qu’il y a beaucoup à faire : d’ici à trois ans, il faut que nous ayons un bureau de vente directe dans ce pays ! ”.