Débats à la chinoise autour de l'offshoring
Le fossé culturel entre la Chine et le reste du monde mène parfois à un dialogue de sourds qui peut bloquer la croissance du secteur IT, en particulier des services. Illustration.
Planète IT
En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
La Chine peut-elle devenir un leader mondial de l'offshoring et de l'externalisation d'ici à quelques années ? C'est à cette question que deux consultants du cabinet McKinsey ont tenté de répondre lors d'une récente
conférence à laquelle j'ai assisté à Pékin, début février. La présentation, intéressante et détaillée, a mis en évidence plusieurs
problèmes empêchant la Chine d'atteindre ces objectifs : un secteur local trop fragmenté, des formations inadaptées, un marché interne sous-développé sont autant d'éléments négatifs qui bloquent le développement rapide de l'industrie de
l'externalisation et de l'offshoring.
Autour de moi, un public composé de nombreux Occidentaux écoute attentivement les arguments des deux intervenants, très proches des autorités chinoises. Mais, dès la première question, le décalage apparaît. ' Je
travaille pour une grande multinationale et, pour l'offshoring en Asie, nous hésitons à investir en Chine à cause des problèmes liés aux droits de propriété intellectuelle. Vous y consacrez à peine une page dans votre rapport, pourquoi aborder si
peu un sujet primordial pour nous ? ' s'étonne un auditeur. Beaucoup trop directe, la question va contraindre les orateurs chinois à rester très flous pour ne vexer ni le public ni le gouvernement et pour ne pas
' perdre la face '. ' Il faut replacer cette question dans un contexte plus large... Il faut s'employer à réfléchir à des standards internationaux... '
argumentent-ils.
Très langue de bois, cette manière de faire horripile les personnes présentes dans l'assistance, qui posent alors des questions encore plus acerbes. ' Vous pensez vraiment qu'une compagnie d'assurances pourrait
choisir la Chine pour y transférer le traitement d'informations sensibles comme les données médicales, quand on connaît la manière de faire ici en matière de confidentialité et de respect de la vie privée ? ' demande une
jeune Indienne. La même réponse, un peu gênée, revient : ' Je n'aborderai pas spécifiquement la situation chinoise, il faut voir plus large... '
Rien à faire, donc, et je quitte cette conférence avec la sensation d'être un peu passé à côté de l'essentiel !

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Exact, mais excessif ...
de
Lonepsi
, posté le 26 février 2009 à 09h47
Si le risque de détournement de données privées est un frein au traitement offshore en Chine, rien ne nous dit que le risque est moindre en Inde ou au Maroc ou au Mexique. Ceci n'est que de la gesticulation. Le frein est dans l'efficacité réelle: attendez que les chinois se mettent au bon niveau et vous verrez les contrats se multiplier, dictature politique indiscrète ou non.
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