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Red Hat accélère son offensive sur le marché de la virtualisation. L'éditeur américain a présenté lundi 23 février les composantes d'une nouvelle gamme dont l'ambition affichée est de supplanter les solutions de virtualisation du numéro un mondial, VMware.
Disponible progressivement “ dans les 3 à 18 mois qui viennent ”, la suite Red Hat Enterprise Virtualization rassemblera, à terme, quatre produits. Elle inclura la prochaine version serveur de Red Hat Enterprise Linux (RHEL, qui comprend déjà aujourd'hui des fonctions de virtualisation), deux nouveaux outils d'administration de machines virtuelles, l'un destiné aux serveurs, l'autre aux postes de travail, et enfin un hyperviseur autonome et léger, capable de faire tourner des machines virtuelles sans s'appuyer sur un OS serveur.
Tous ces logiciels s'appuieront sur les outils hérités du rachat de la société israélienne Qumranet en septembre dernier et, en particulier, sur la technologie de virtualisation Kernel-based Virtual Machine (KVM), qui remplacera progressivement Xen dans l'offre de Red Hat.
KVM est une technologie open source de virtualisation dont le développement a été dirigé par les fondateurs de Qumranet. Début 2007, ses qualités ont convaincu la communauté Linux, qui a décidé de l'intégrer nativement dans le noyau de l'OS libre, ce qui en fait de facto une solution naturelle pour Red Hat.
“ En 2006, nous avions choisi Xen, qui était alors la meilleure solution open source en termes de performance et de stabilité pour offrir la virtualisation dans RHEL dès 2007. KVM s'est développé en parallèle, et son intégration native dans le noyau de Linux en fait aujourd'hui une solution idéale pour nous. Avec KVM, tous les matériels et les applications certifiés pour notre distribution Linux le sont automatiquement pour notre solution de virtualisation, alors qu'avec Xen il fallait procéder à une certification à deux niveaux ”, explique Hervé Lemaître, directeur du développement technologique de Red Hat.
Red Hat va inviter ses clients et ses partenaires qui utilisent aujourd'hui Xen à migrer progressivement vers la technologie KVM en leur fournissant des outils de conversion. “ La version 5.4 de RHEL, qui est attendue cet été, inclura à la fois un hyperviseur Xen et un hyperviseur KVM. Les clients qui le souhaitent pourront continuer à utiliser Xen, pour lequel nous assurerons un support jusqu'en 2014 [soit la date de la fin du support pour RHEL 5, NDLR]. Mais notre solution de virtualisation la plus aboutie reposera désormais sur l'hyperviseur KVM ”, explique Hervé Lemaître.
Le recours à KVM va permettre à Red Hat de proposer des outils très complets conçus à partir des solutions de Qumranet et des développements menés ces derniers mois en interne par Red Hat.
Pour la gestion des serveurs virtuels, RHE Virtualization Manager for Servers fournira par exemple des fonctions d'administration élaborées (gestion de charges, migration à chaud, économie d'énergie, etc.) à travers une interface graphique permettant d'appréhender les serveurs physiques, les serveurs virtuels, les applications virtualisées et les politiques utilisateur.
Red Hat commercialisera également RHE Virtualization Manager for Desktops, un outil de virtualisation des postes de travail. Basé sur la technologie SolidICE, héritée du rachat de Qumranet, il permettra la virtualisation du poste client à la demande avec déport d'affichage sur des postes physiques distants (une solution dite VDI, pour Virtual Desktop Infrastructure).
Enfin, Red Hat proposera, à l'instar de VMware et de Microsoft, un hyperviseur autonome (RHE Virtualization Hypervisor). “ C'est une forte demande de nos clients, qui veulent pouvoir virtualiser leurs applications sans avoir à installer un serveur RHEL. L'hyperviseur autonome permettra aussi de concevoir plus facilement des serveurs et des appliances dédiés ”, explique Hervé Lemaître.
Avec cette nouvelle offre, Red Hat ne cache pas sa volonté de prendre des parts de marché au leader VMware, qui, avec son offre indépendante, constitue une menace grandissante pour les éditeurs de systèmes d'exploitation. C'est pourquoi Microsoft et Red Hat ont annoncé la semaine dernière un accord d'interopérabilité de leurs offres. Un contrat similaire a été annoncé lundi par Microsoft et Citrix.
















