Les acteurs du stockage poussent leurs pions dans la virtualisation
Les acteurs traditionnels adaptent leurs offres à la virtualisation, tandis que de nouveaux entrants apportent des fonctions dédiées.
01net.
le 02/03/09 à 15h31
La virtualisation du stockage est en pleine ébullition. C'est en tous les cas ce que l'on a pu constater à l'occasion de la conférence VMworld Europe 2009. Certes, VMware est passé assez rapidement sur le sujet lors de ses
keynotes. Toutefois, difficile de ne pas voir les tractations et les combats de titans qui se profilent sur ce marché.
Ainsi, Netapp et EMC ?" la maison mère de VMware ?" s'affrontent pour se positionner chacun comme leader. EMC a fait le plus de bruit et a confirmé sa volonté d'être
' le meilleur fournisseur
de stockage pour environnements virtuels '. Après avoir mis à jour ses baies CLARiiON en apportant les
modèles CX4 en septembre 2008, c'est au tour des Celerra d'évoluer, avec des fonctions très
attendues, comme la déduplication pour les données primaires (issue du rachat d'Avamar). La déduplication peut aussi s'utiliser avec VMware View (solution de poste de travail virtuel de VMware), afin de réduire le besoin en stockage des données
utilisateurs. Un autre
plug-in vCenter permet aux administrateurs d'allouer à la demande des postes de travail virtuels
(provisioning) en s'appuyant sur les fonctions de
snapshot (copies
d'images système).
Autre fonction intéressante : le failback automatique chez VMware pour la solution de reprise d'activité SRM (Site Recovery Manager), via un plug-in VMware vCenter.
Elle permet de rapatrier, de manière rapide et coordonnée, les opérations sur l'infrastructure virtuelle d'origine. La société n'hésite pas non plus à communiquer fortement sur le datacenter unifié, une vision conjointe avec EMC et Cisco (et son
commutateur virtuel Nexus 1000V).
L'entrée de gamme n'est pas en reste
Mais cette stratégie reste orientée très haut de gamme, pour des projets de virtualisation importants. Pour l'entrée de gamme, EMC met a mis à profit son rachat de Iomega, en lançant une nouvelle offre groupée NAS (Network
Attached Storage), certifiée pour les environnements VMware. La solution est idéale pour quelques serveurs virtualisés (cinq ou six par exemple).
En somme, EMC met tout en ?"uvre pour être incontournable dans la virtualisation du stockage, un domaine où elle n'a pas fait d'efforts, parce qu'elle voulait ' laisser VMware garder son
indépendance ', comme l'a précisé Chad Sakac, directeur de l'alliance VMware/EMC, sur le salon. NetApp avait d'ailleurs profité de cette absence de stratégie pour se positionner, et lancer l'an dernier son Snap Manager for
VMware Infrastructure. Sur le salon, Rich Clifton, vice-président de la division virtualisation, a mentionné que cette solution avait été améliorée, avec une granularité des snapshots plus fine et plus performante. Le fait que
le grossiste Amosdec, plus gros revendeur de licences VMware, ait signé sur le salon un accord avec Netapp, est à souligner.
Mais sur le domaine de la sauvegarde, chacun essaye aussi de poser ses pions. VMware a indiqué que son outil de sauvegarde VMware Consolidated Backup (VCB) serait amélioré dans la prochaine version vSphere. Mais peu de détails sont
connus pour l'instant. Les acteurs spécialisés dans la sauvegarde de machines virtuelles ont aussi présenté leurs nouveautés. Veeam et Vizioncore s'affrontent désormais sur le créneau. Sur le salon, leurs stands ne désemplissaient pas. Chacun assure
être le meilleur dans le domaine, ce qui reste, bien entendu, à prouver. Veeam, qui a sorti la version 3 de son offre de sauvegarde pour machines virtuelles ESX, assure se différencier sur le fait qu'il peut se passer de VCB.
Les outils de sauvegarde traditionnels passent en mode virtuel
Vizioncore, quant à lui, dispose d'une offre également très complète et a fait la démonstration de son nouvel outil de management, vControl, pas encore disponible en version commerciale. Il s'agit d'une console d'automatisation de
machine virtuelle, avec fonctions de provisioning, contrôle des machines virtuelles et automatisation des tâches. La solution est compatible avec ESX/ESXi, mais aussi Hyper-V et Citrix XenServer.
Autre nouveauté : les acteurs traditionnels de la sauvegarde cherchent désormais à élargir leurs outils traditionnels à la virtualisation. C'est le cas d'Arkeia ou de BakBone notamment. Le premier a lancé Arkeia Network Backup sous
forme d'appliance virtuelle prête à l'emploi pour plate-forme VMware. Et BakBone propose NetVault Backup avec, par exemple, la découverte transparente d'un environnement virtuel intégré, un système de gestion simplifié,
l'automatisation des tâches et la restauration des machines virtuelles. Ces offres visent en premier lieu les clients qui utilisent déjà des solutions de sauvegarde traditionnelles et qui souhaitent ajouter une composante virtuelle sans avoir à
remettre en cause leurs processus.
Pour Chad Sakac, l'arrivée de toutes ces nouvelles offres est le signe que l'on ' passe à la troisième phase de la virtualisation, à savoir, la prise en compte des composantes du stockage '
dans l'infrastructure virtuelle.