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01net. : Pourquoi avez-vous choisi de venir en France, à Montreuil ? Cela semble un peu à contre-courant, non ?
Foued Ammar : C'est un moyen de mettre à la disposition de nos clients (deux grandes SSII pour l'instant) et de nos futurs clients des interlocuteurs permanents en France et d'améliorer notre réactivité. Nous n'avons pas encore commencé à embaucher, mais nous voulons le faire rapidement, en fonction de l'évolution du marché.
Quelle est l'activité de la filiale ?
Nous avons deux activités : l'assistance technique et le nearshore. Nous sommes déjà présents en Allemagne, où nous avons développé là-bas un produit (EAGLE) pour gérer des centres de réparation de téléphones portables et autres équipements électroniques. Nous voulons maintenant trouver des partenariats en France pour commercialiser ce produit.
En quoi consiste l'autre activité de nearshore ?
De Tunisie, nous gérons la maintenance d'applications pour nos clients à travers une plate-forme. Nous avons des outils open source qui nous permettent de corriger les anomalies. Et, de leur coté, les clients peuvent suivre en temps réel la prise en charge de leur demande, son traitement (la correction de l'anomalie), le respect des délais de livraison, etc. Nos équipes en France travaillent main dans la main avec nos équipes tunisiennes.
Quel est le profil de vos collaborateurs ?
En Tunisie, nous sommes trente au total. En France, huit ingénieurs tunisiens se consacrent à l'assistance technique. Ils travaillent directement pour nos clients ou pour les clients de nos clients.
Quels sont les avantages du nearshore ?
Le coût est un premier avantage. Les clients peuvent réaliser au moins 30 % d'économies. Ils ont en outre l'opportunité d'accéder à des profils confirmés, dotés de compétences très recherchées sur le marché de l'emploi en France, telles que Java JEE, .net, PHP et dans l'informatique embarquée.
Mais ces profils n'intéressent pas la Tunisie ?
Si. Mais la Tunisie forme de 6 000 à 7 000 ingénieurs par an, or, aujourd'hui, le nombre de grands projets dans ce pays n'est pas assez élevé pour occuper toutes ces ressources. Du coup, nous avons des ressources disponibles. En France, c'est l'inverse, les entreprises peinent à trouver ces spécialistes, en raison du nombre élevé de projets menés par les SSII.
L'autre avantage du nearshore n'est-il pas culturel ?
Si. A l'inverse de l'offshore, qui se pratique dans des pays lointains comme l'Inde ou la Chine, aux cultures très différentes, le nearshore présente un autre avantage : la Tunisie est à deux heures d'avion de la France, ce qui facilite les échanges, et il n'y pas d'obstacle lié à la langue.
L'offshore a rencontré certaines limites (des entreprises qui ont délocalisé reviennent dans l'Hexagone). Avec le nearshore, comment pouvez-vous garantir que la qualité de vos prestations est au rendez-vous ?
Les SSII tunisiennes – et spécialement celles qui travaillent avec l'étranger – intègrent de plus en plus la qualité dans leurs processus. Cynapsys, par exemple, est certifiée CMMI niveau 3. D'une manière générale, ces démarches rassurent les grandes SSII européennes.
















