Les intégrateurs plus compétitifs pour adapter les applications

L'accès au SI de l'entreprise passe de plus en plus par les terminaux mobiles des collaborateurs nomades. Les éditeurs de logiciels métier comme les PGI laissent le soin à leurs partenaires de “ pousser ” leurs applications métier sur smartphones.
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Trois options s'offrent aux entreprises qui veulent porter (en les rendant accessibles) leurs applications métier sur leurs flottes de smartphones et de PDA : soit elles ont les compétences en interne et assurent les développements nécessaires ; soit elles font appel à un intégrateur ; ou elles se tournent vers l'éditeur. Dans tous les cas, les fournisseurs de progiciels de gestion intégrés (PGI) ont des composantes logicielles pour les clients finals et les intégrateurs, lesquels adaptent ensuite ces outils mobiles en fonction des besoins exprimés. Rendre accessible une application en situation de mobilité ne se résume pas à mettre au point une version mobile d'un PGI. “ Nous avons une version standard de notre application mobile qui est enrichie avec un contenu fabriqué par ou pour les clients. Généralement, des partenaires développent ces solutions adaptées à des processus très spécialisés ”, détaille Stéphane Perdigeon, responsable du développement de produits chez SAP. “ Notre rôle consiste à extraire du standard SAP, rendre lisible et envoyer les informations dont les utilisateurs ont besoin sur leurs terminaux ”, illustre Françoise Chirole, PDG de Nomad Consulting. C'est là le rôle technique des intégrateurs, après avoir défini les besoins métier des entreprises.

Le marché du PGI mobile est encore jeune. Les récents efforts des éditeurs en la matière montrent que le secteur, considéré comme une niche, tend à se développer. La majorité des acteurs du secteur s'accordent à dire que “ le marché décollera en 2009 ”. En attendant, les intégrateurs sont les partenaires tiers privilégiés entre les clients finals et les éditeurs. “ Généralement, le client final lance deux appels d'offres : un pour le logiciel, l'autre pour le service (de gestion des informations entre la base de données et le terminal mobile – NDLR). Souvent, les intégrateurs sont plus compétitifs sur les services ”, reconnaît Stéphane Perdigeon. Ainsi, ces derniers dominent le marché des applications mobiles. “ Cela tient essentiellement à la taille des projets, qui restent relativement petits. Les éditeurs et les grands intégrateurs ont souvent une cellule mobilité réduite, dédiée aux quelques grands contrats de l'année ”, confirme Caroline Noublanche, présidente de Prylos, intégrateur et éditeur spécialisé dans les solutions mobiles. Sont aussi présents sur le marché l'intégrateur Ezos (groupe Vision IT), Rayonnance Technologies et P&T Consulting France.

Apprendre à travailler en mode déconnecté

Les éditeurs de PGI développent les briques mobiles de leurs applications dans le sillage, voire en parallèle, des produits classiques, dits de bureau. Le décalage se situe plutôt entre les différentes versions des kits de développement de chaque plate-forme mobile. Ainsi, Sybase iAnywhere commercialise depuis la fin 2008 Sybase Unwired Platform (SUP). Il s'agit d'un outil pour créer un middleware mobile faisant appel aux mécanismes de bases de données relationnelles SQL Anywhere et de gestion des applications sur terminaux mobiles Device Management. Le résultat est une solution de conception d'applications, disponible dans un premier temps pour les smartphones Blackberry de Research In Motion (RIM) et Windows Mobile de Microsoft. Les terminaux fonctionnant sous le système d'exploitation Symbian, Androïd de Google et l'iPhone d'Apple seront intégrés courant 2009. Cet éditeur a toutefois une longueur d'avance : une application développée à partir de SUP peut être poussée sur tous les terminaux gérés par Sybase iAnywhere, quels que soient le constructeur et le système d'exploitation installé. Les offres concurrentes sont toujours tributaires des spécifications techniques de chaque smartphone.

Porter les applications sur une flotte de mobiles apporte de nouvelles problématiques aux éditeurs. “ Le travail en mode déconnecté (pas de liaison radio permanente entre le terminal et le réseau mobile – NDLR) est la principale difficulté, propre au monde de la mobilité ”, assure Jean-Louis Baffier, directeur avant vente pour l'Europe du Sud chez Salesforce.com. Cette situation peut alors initier une gestion de conflit si plusieurs collaborateurs tentent simultanément de mettre à jour les mêmes informations. Enfin, l'usage même d'un PGI en mobilité impose aux éditeurs d'adapter leurs outils. “ Nous nous sommes aperçus que les utilisateurs mobiles voulaient accéder aux informations en un ou deux clics. Au-delà, ils arrêtent d'utiliser l'application ”, affirme Stéphane Perdigeon.

Des innovations qui profitent aussi aux produits traditionnels

On l'a bien compris, il n'existe pas d'offre standard, prête à l'emploi, d'applications métier adaptée aux terminaux mobiles. Cependant, les éditeurs de progiciels affinent leurs offres, mobile et traditionnelle, chacune tirant profit de l'autre. Et lorsque l'interface graphique est simplifiée pour les produits destinés aux flottes mobiles, l'ergonomie de l'interface utilisateur de la version traditionnelle est améliorée. De même, les éditeurs sont amenés à optimiser le trafic entre le client mobile et le réseau cellulaire. Les mécanismes ainsi mis en œuvre pour assurer la fluidité des échanges sont alors récupérés et adaptés à la version de bureau.

Les conseils de mise en œuvre

Définir le cahier des charges : spécifier les fonctions à déporter et les données du SI associées.
Choisir une plate-forme middleware : pour synchroniser les données entre le SI et l'application sur le mobile.
Valider l'intégration : étudier la partie échange de données entre le SI et la plate-forme middleware.
Personnaliser l'application mobile : l'ergonomie de l'interface utilisateur et les paramétrages adaptés au métier de la société aident au bon démarrage du client mobile.
Phase d'adoption : démultiplier la formation des collaborateurs à tous les échelons de l'entreprise.
Limiter les développements spécifiques : utiliser des transactions standards pour intégrer des données avec le PGI au cas où celui-ci évoluerait.

2 questions à… : Françoise Chirole, PDG de Nomad Consulting

Pourquoi appeler un intégrateur et non pas l'éditeur ?

“ Aucun fournisseur de PGI n'a développé son offre pour l'adapter au monde de la mobilité. Cela nécessite donc l'intervention d'acteurs tiers qui ont les compétences SAP en plus de celles de Java ou. Net pour assurer cette tâche. Mais les éditeurs de PGI fournissent des petits programmes standards permettant aux intégrateurs d'adapter les outils traditionnels aux besoins en mobilité de leurs clients. ”

Quel est l'investissement à consentir pour l'entreprise ?

“ Une entreprise qui souhaite équiper 200 à 300 collaborateurs d'une application métier mobile devra investir quelque 250 000 euros – sans compter l'achat des terminaux. Ce montant comprend donc le développement logiciel, les tests, l'intégration au système d'information et l'accompagnement au changement. Le retour sur investissement oscille entre trois à six mois. ”

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