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Pour éviter que de nouvelles extensions prêtent à confusion avec les 270 déjà présentes, l’Icann a posé un postulat de base : interdiction de créer des TLD [top level domain, ou domaine de premier niveau] de deux caractères ! Ils restent un privilège des extensions territoires (ccTLD) basées sur les codes ISO. Mine de rien, cette décision donne un avantage concurrentiel au .TF1 face à l’interdit .M6. La première chaîne peut dire merci à l’Icann !
Que le .M6 se console, d’autres marques courtes n’ont même pas pu rêver de leur propre CorpTLD. Le .HM est déjà l’extension des îles Heard et McDonald. Désolé pour H&M. General Motors ne pourra pas avoir non plus son .GM, déjà extension nationale de la Gambie.
Deuxième contrainte de l'Icann, passer un test diabolique calculant le taux de similarité visuelle entre un projet d’extension et une extension existante. Une batterie de critères pour apprécier si mathématiquement le .TF1 ne risque pas de marcher sur les plates-bandes du célèbre .TF des Terres Australes Françaises, si le .BMW ne ressemble pas trop au .BM des Bermudes ou si le .AIG n’est pas trop proche du ccTLD .AI d’Antigua…
D’autres extensions géographiques ou culturelles suscitent déjà des interrogations. Ainsi, la Frise, province située au nord des Pays-Bas, milite pour un .FRL. Trop voisin de notre .FR national ? Le .BZH s’apparente-t-il au générique .BIZ ou au .BZ bélizien ? Le .EUS basque rappelle-t-il trop le .EU de l’Union européenne ?
Si le test des typos made in Icann n’est pas favorable, le porteur du projet pourra peut-être s’arranger avec le gestionnaire de l’extension existante. Des registres comme l’Afnic ou l’Eurid se positionnent comme des opérateurs techniques de registre pour les nouvelles extensions. L’Eurid, gestionnaire du .EU, pourrait être plus favorable au .EUS basque si ce dernier gère ses futurs noms de domaine avec ses solutions…
Le risque de confusion n’est pas une lubie de l’Icann. Le détournement (on parle de TLD squatting) existe. L’exemple le plus célèbre est le .CM camerounais qui se revendique et se vend comme un faux .COM. Il bénéficie de tout le trafic perdu par les internautes étourdis qui oublient le O dans le .COM. Il fallait y penser ! L’Icann a retenu la leçon. Les nouvelles extensions ne devraient pas donner naissance à de fausses jumelles.

Au sein du bureau d'enregistrement MailClub, Jean-François Poussard conseille les gestionnaires de noms de domaine des plus grandes sociétés françaises dans leur stratégie mondiale de nommage.
Spécialiste du marché des noms de domaine, il maîtrise l'ensemble des enjeux transversaux : le marketing, la communication, le juridique, le technique et l'administratif. Depuis 2004, il est aussi le rédacteur en chef de MailClub.info, site d'information de référence sur les noms de domaine.
















