











Entre les sites web permanents, ceux des expositions temporaires et des conférences événementielles, le portail de la Cité des sciences et de l'industrie coiffe des centaines de microsites hétéroclites.
1. Définir une collection d'objets génériques
“ Nous avons développé une méthode et une organisation pour aider les chefs de projet et les contributeurs à générer des sites web personnalisés sur la base d'objets génériques et de contenus mutualisés ”, indique Francis Malézieux, chef du département études et projets à la DSI de la Cité des sciences et de l'industrie. Avec le concours de la Bibliothèque des sciences et de l'industrie (BSI), pilote sur le projet, la DSI a commencé par bâtir une collection d'objets indispensables au site : gabarits de page, colonnes, bannières, pieds de page, etc. Ensemble, ils ont aussi défini les objets éditoriaux génériques qui composeront le site : articles, images, vidéos, prérequêtes, FAQ… Ils ont même conçu des widgets (agenda, votes sur les pages, citations, etc.) qui pourront être repris par les différents sites. Ce travail d'harmonisation des composants ne signifie pas pour autant une volonté d'uniformiser la présentation. “ Les différents sites restent fortement personnalisables ”, souligne Elhadi Djebarri, chef du service technologies de l'information à la BSI. Les adaptations graphiques sont soit réalisées en interne, soit confiées à des prestataires extérieurs.
2. Nommer un responsable de l'indexation
“ L'organisation mise en place sert la mutualisation voulue pour faciliter la réutilisation des contenus, explique Francis Malézieux. Que ce soit sur les bornes multimédias placées dans la BSI, sur le portail de la Cité, ou encore sur un des sites mis en ligne le temps d'une exposition. ” Avec ce nouveau dispositif est apparu un personnage clé : le responsable de l'indexation. Ce collaborateur a la main sur l'ensemble des contenus rapatriés dans un même référentiel. Cette centralisation s'accompagne d'une professionnalisation des tâches. Précédemment, chaque service développait son site comme il l'entendait. Désormais, une organisation éditoriale précise les rôles. Ainsi, un administrateur définit le graphisme, la structure du site et les scénarios de navigation. Interviennent ensuite trois types de rôles parmi les 50 contributeurs de la BSI : des rédacteurs pour les textes, des contributeurs multimédias qui insèrent vidéos et widgets, ainsi que des chefs de rubrique chargés de ventiler les informations et de structurer les pages web.
3. Valider l'architecture pour 50 contributeurs
Restait à savoir sur quelle architecture logicielle reposerait l'usine à sites. Afin d'optimiser les coûts, notamment en maintenance, la DSI ne souhaitait pas un framework développé au-dessus d'un système de gestion de contenu. Elle a préféré opter pour une architecture centrée sur la solution Content Server, éditée par Fatwire. Ce logiciel de gestion de contenu, adopté par la Cité des sciences et de l'industrie dès 2000, avait vocation à gérer l'ensemble des sites de l'organisation. Encore fallait-il le vendre en interne. La première réalisation a porté sur l'intranet de la Cité qui engageait 12 contributeurs pour 1 000 utilisateurs. “ Avec le projet de la BIS, cette architecture mutualisée a été validée pour 50 contributeurs. Un saut énorme pour l'acceptation de l'outil ”, se souvient Laurent Serot, chef de projet à la DSI. Il s'est chargé de câbler Content Server avec les applications de gestion bibliothécaire et de gestion des campagnes marketing, ainsi qu'avec l'outil d'indexation.
4. Redonner la main aux producteurs de contenu
La nouvelle organisation, plus structurante, laisse davantage de souplesse aux métiers. “ Les producteurs de contenu ne sont pas obligés de faire intervenir la DSI pour chaque projet. Ils sont en mesure de travailler en toute autonomie ”, précise Francis Malézieux. Cette liberté donnera des ailes à la DSI qui va pouvoir, à l'occasion de la refonte du portail, développer de nouveaux usages, notamment en s'appuyant sur la personnalisation implicite du contenu En fonction de la navigation de l'internaute sur le site, un profil s'élabore à la volée puis s'affiche un contenu qui lui est dédié. “ Par exemple, si l'internaute se rend dans la zone Enfants puis à la BSI pour commander des films pour enfants, le système sera également à même de proposer les prochains films pour enfants qui seront à l'affiche à la Géode ”, prévoit Laurent Serot. A fortiori, ces processus fonctionneront avec davantage de finesse si l'internaute accepte de créer son compte et de renseigner plus précisément son profil.
Activité : A la fois musée centre de conférence, lieu de spectacle et bibliothèque spécialisée dans les sciences et les techniques.
Création : 1986.
Budget : 101 d'euros pour le fonctionnement, dont 20 % en ressources propres.
Siège : Paris (75).
Effectif : 1 000 salariés.
Migrer des centaines de sites web hétéroclites vers une seule plate-forme technologique mutualisée.
Content Server de Fatwire pour la gestion de contenu, couplé au serveur d'applications Websphere Application Server d'IBM et à la base de données d'Oracle. Comme serveur d'indexation, la Cité des sciences et de l'industrie a retenu l'outil de Verity.
2006 : après avoir audité les portails grand public les plus populaires en France, la nouvelle DIPN (Délégation à l'internet et à la production numérique) étudie la refonte du portail de la Cité des sciences et de l'industrie.
2008 : adoption de l'usine à sites bâtie sur Content Server. Lancement de l'appel d'offres pour sous-traiter la refonte du portail. Deux sociétés sont retenues, l'une pour le graphisme et l'ergonomie du site, l'autre pour la migration.
Eté 2009 : le nouveau portail devrait être opérationnel.
Un tarif spécial pour les licences a été négocié en 2000. La maintenance logicielle revient à 30 000 euros par an pour Content Server. La DSI compte quatre chefs de projet.
“ La Cité a eu très tôt une vision pertinente ”
“ Tous les grands comptes ont, aujourd'hui, besoin de diffuser un contenu très personnalisé à beaucoup de monde. Et la complexité vient, justement, de cette personnalisation. Il a été judicieux de miser sur la standardisation d'une usine à sites web, car personne ne peut plus s'autoriser à réinventer la roue à chaque nouveau projet. D'où l'intérêt de mutualiser l'architecture logicielle et les développements. ”
“ Impossible de faire la même chose avec un logiciel libre ”
“ Les logiciels de gestion de contenu propriétaires ont une longueur d'avance sur le logiciel libre en matière de séparation entre présentation du contenu et agrégation des contenus au sein d'un site. De plus, ces solutions savent mieux personnaliser le contenu en fonction du visiteur et des objectifs du marketing, et optimiser l'expérience du visiteur sur le site. ”
