“ Salut, bande de nazes ! ”
E-mails agressifs, vengeances, vols de données… Après leur licenciement, des employés américains quittent un peu violemment leur employeur. A leurs risques et périls.
01net.
le 06/03/2009 à 13h50
Planète IT
En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
“ Salut, bande de nazes ! Je me tire ! ” Jason Shugars n’a pas mâché ses mots dans l’e-mail qu’il a envoyé à 5 000 de ses collègues lorsqu’il a quitté son poste chez Google. Lors de la dernière vague de licenciements dans mon entreprise, recevoir ces e-mails de la part de mes collègues licenciés a été un moment particulièrement difficile à vivre. La plupart étaient simplement informatifs, assez concis, avec les nouvelles coordonnées des malheureux.
Certains jouaient sur le registre nostalgique ou humoristique, rappelant les meilleurs moments passés au sein de l’entreprise. Dans tous les cas, ce sont des e-mails qui marquent les esprits, car ils sont la dernière communication avec l’entreprise que l’on quitte. Avec la multiplication des licenciements, on voit fleurir les recommandations sur la façon de rédiger son e-mail de départ… Ainsi, les spécialistes du recrutement conseillent de ne pas se lancer dans une diatribe contre ses collègues ou son entreprise ni donner dans le misérabilisme, du genre “ Je ne sais pas comment je vais pouvoir acheter à manger ”.
Le réseau professionel LinkedIn suggère bien sûr de placer un lien vers son profil et de mettre à jour celui-ci afin de faire savoir que l’on est disponible pour un nouvel emploi. Un consultant pour une entreprise d'IT dont le contrat s’était terminé prématurément à la suite d'une réduction de budget a remercié ses collègues et l’entreprise pour le temps passé avec eux. Trois jours plus tard, l’entreprise débloquait des fonds et le rembauchait !
D’autres, en revanche, préfèrent assortir leur départ d’une petite vengeance, en joignant par exemple à leur dernier e-mail un fichier de plusieurs mégaoctets afin d’engorger le trafic de leur entreprise. Pire encore, une récente étude du Ponemon Institute de Tucson (Arizona) montre que 61 % des collaborateurs qui quittent leur emploi, soit de leur plein gré soit à la suite d'un licenciement, partent en volant des données sur leur entreprise, en particulier des listings de clients, des informations sur les employés ou des rapports financiers. Ils espèrent utiliser ces informations dans leur prochain poste. Avec le risque pour leur futur employeur, s'il est pris, de devoir payer jusqu’à 5 millions de dollars d’amende…