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Satyam, la société indienne de services informatiques victime d'une fraude colossale organisée par son fondateur Ramalinga Raju, devrait être bientôt reprise par un investisseur stratégique : la société a annoncé ce lundi matin (9 mars 2009) le lancement du processus de vente de 51 % de son capital. Les candidats intéressés par la reprise de la SSII doivent se faire connaître d’ici à jeudi. Le groupe retenu souscrira à une augmentation de capital représentant 31 % des actions Satyam et devra lancer une offre publique sur 20 % d’actions supplémentaires, de façon à obtenir la majorité du capital.
Y aura-t-il beaucoup de candidats sur les rangs ? Tarun Das, figure éminente du patronat indien, nommé par le gouvernement au conseil d’administration de crise de Satyam mis en place après la découverte du scandale au début du mois de janvier, estime que le groupe devrait susciter de l’intérêt. En effet, affirme-t-il dans l’interview qu’il nous a accordée, les compétences techniques et commerciales de Satyam sont fondamentalement saines. “ Quand nous sommes arrivés chez Satyam, raconte-t-il, qu’avons-nous trouvé ? Premièrement, une entreprise qui a des campus dans tout le pays et dans le monde entier, sans la moindre hypothèque. Donc, de très gros actifs. Deuxièmement, une liste de clients de premier ordre : le gouvernement de Singapour, General Electric, Chevron, British Petroleum... Les meilleures entreprises du monde et des gouvernements sont clients de Satyam. ”
Selon lui, la crise suscitée par la révélation des fraudes comptables et financières du fondateur n’a pas nui à la qualité des prestations de la SSII. “ Nous sommes trois administrateurs à parler chaque jour avec les clients, explique-t-il. Et ils nous disent tous que la qualité du service est demeurée impeccable depuis l’annonce du scandale. Donc, le troisième atout de Satyam, ce sont des équipes exceptionnelles. ” Enfin, poursuit l’administrateur, le groupe dispose de grosses créances à récupérer auprès de ses clients. Finalement, estime-t-il, “ la seule chose qui manquait, c’est le cash, puisqu’il a été pris. ”
Ce qui a sauvé le groupe, analyse Tarun Das, c’est le fait que Ramalinga Raju “ a laissé le marketing, les services commerciaux et les ingénieurs en dehors (de ses manipulations). Il y avait un mur : “faites vos affaires, envoyez-nous les résultats et nous nous occupons des finances”. ” Et finalement, le fonds de commerce n’aurait pas été trop affecté, affirme l’administrateur : “ des clients sont partis, d’accord, mais d’autres sont arrivés. Nous avons récolté 300 millions de dollars de nouveaux contrats ces dernières semaines ”.
Reste à savoir si les groupes potentiellement intéressés par Satyam se laisseront convaincre par les arguments déployés par Tarun Das et la nouvelle équipe dirigeante. De nombreux noms de candidats circulent : Larsen & Toubro, géant indien du BTP qui dispose d’une filiale informatique qu’il souhaite développer et qui possède déjà 12 % de Satyam ; Spice Group, Hinduja, Mahindra, autant de groupes indiens avec des intérêts dans la high-tech. Mais des candidats étrangers pourraient également se manifester. Le nom d’IBM est fréquemment cité, sans confirmation de la part du groupe américain.
Pour les candidats, un problème très difficile se pose : comment évaluer une affaire dont les comptes ne seront pas disponibles tant que les enquêteurs n’auront pas démêlé l’écheveau de sept années de fraudes ? Voilà qui pourrait faire hésiter certains et peser tant sur le nombre que sur le montant des offres.
















