Organiser la montée en puissance
01net.
le 05/03/09 à 00h00
Installée depuis à peine cinq semaines, l'administration Obama donne déjà un grand coup d'accélérateur numérique. L'offensive porte sur quatre fronts : l'e-santé, le doublement des crédits de R&D sur dix ans, les nanotechnologies, biotechnologies et énergies renouvelables, et enfin, le déploiement d'un réseau haut débit. Objectif : ' changer d'époque ' et redonner aux Etats-Unis un leadership technologique que certains lui contestent aujourd'hui. La domination américaine n'est en effet plus aussi flagrante dans l'automobile, l'aéronautique, le nucléaire ou la chimie. En revanche, sa suprématie demeure indéniable en technologies de l'information. Non pas que les ingénieurs ou l'enseignement soient meilleurs qu'ailleurs, mais les investisseurs comme les entrepreneurs sont totalement imprégnés d'une certaine culture de la prise de risque. Le capital-risque américain est trente fois plus fort qu'en France. L'investissement dans des sociétés technologiques est jugé plus sûr que certains placements dits traditionnels. Côté créateurs d'entreprise, combien de fois a-t-on vu des ingénieurs quitter leur confortable open space siglé Cisco, Microsoft ou Oracle pour se lancer dans l'aventure start up. Tous n'ont pas rencontré le succès escompté, mais tous ont essayé. Par contre, pour prendre un exemple plus proche de nous, tout le monde a beau reconnaître l'excellence des équipes de recherche d'Alcatel, peu de cadres technologiques sont partis fonder leur propre structure, alors même que la maison mère dégraisse. La France doit donc travailler à plusieurs niveaux, en simplifiant les démarches de création d'entreprise dans un premier temps. En facilitant, ensuite, l'accès au financement. Enfin, et surtout, en déployant tous les moyens possibles pour transformer l'innovation en produit, pour ladapter à des usages et à des besoins. Nous devons organiser notre montée en puissance.