











“ Baisse des salaires chez HP, reclassement offshore chez IBM, la crise débride les imaginations ”
Xavier Biseul, grand reporter à 01 Informatique
La crise a au moins le mérite de révéler les pires penchants de nos capitaines d'industrie. En ce sens, ces derniers jours offrent un beau catalogue de pratiques que l'on espérait révolues. A commencer par HP, qui annonce une baisse générale des salaires. Le mémo de Mark Hurd envoyé à ses troupes devrait être étudié dans toutes les écoles de commerce. Pour la qualité de son argumentaire. Imparable.
Que dit-il ? Notre chiffre d'affaires hors services va baisser de 20 % en 2009. La division matériels employant 100 000 salariés, les actionnaires vont me demander de couper – simple règle de trois - 20 000 têtes. Problème, je viens déjà de supprimer 24 600 postes suite au rachat d'EDS. Réduisons alors les rémunérations de 5 % pour les cadres et de 2,5 % pour les autres. Sur le principe, le PDG de HP n'a rien inventé. Il recycle une mesure prise à une époque où la culture d'ingénieurs, la HP Way, avait encore un sens. Et si, en France, la loi interdit ce type de pratique, qu'importe. “ La baisse de salaire se fera sur la base du volontariat ”, esquive un porte-parole de HP France. Montrant l'exemple, Mark Hurd a décidé d'amputer son salaire de base, donc hors bonus et primes, de 20 %. Ce n'est pas un grand sacrifice. Selon les calculs de la CFDT, cela ne représentera que 0,68 % de sa rémunération globale, qui s'élevait à 42,5 millions de dollars en 2008. Toujours côté salaires, Microsoft a aussi fait très fort. L'éditeur a réclamé à 25 salariés mis à pied en janvier dernier de rembourser un trop perçu dans le versement de leurs indemnités de départ. Avant de faire marche arrière une fois l'affaire dévoilée sur le web, lettre à l'appui. Enfin, le meilleur pour la fin. Selon un document interne obtenu par CNN, IBM propose actuellement à ses employés américains et canadiens dont le poste vient d'être supprimé, d'aller travailler en Inde, au Nigeria, en Roumanie ou encore en Chine. Bien sûr, selon les conditions locales. Dans le cadre de ce programme baptisé Project Match, Big Blue, royal, prend en charge les frais de déménagement et de visa. Des étrangers qui viennent manger le cheese nan des travailleurs locaux, c'est de l'offshore à l'envers. Il suffisait d'y penser.
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