











“ Un service pratique qui pourrait donner lieu à des dérives moralement douteuses et légalement réprouvées ”
Jérôme Desvouges, chef d'enquête à 01 Informatique
Certains crient au loup dès que l'on touche aux informations privées. Regardez Facebook qui a tenté de modifier quelques dispositions concernant les données de ses “ membres-amis ”. Le monde du réseau planétaire s'est immédiatement braqué, hurlant au détournement, au viol de l'intimité, que sais-je encore ? Est-il nécessaire de rappeler que les informations déposées sur ce site futile le sont de manière volontaire ? Dans le même temps, le roi Google, toujours encensé comme s'il avait inventé le web à lui tout seul, sortait un nouveau gadget : Latitude. Ce service de géolocalisation de mobiles gratuit ne semble émouvoir personne. Certains auraient même tendance à porter aux nues le côté pratique de la chose. D'ailleurs, ne faut-il pas que le détenteur du mobile que l'on souhaite tracer accepte la mise en place de cette surveillance ? A partir de là, que peuvent bien reprocher les détracteurs de ce système ? J'ai imaginé qu'une entreprise qui confie des mobiles à ses salariés “ oublie ” de signaler que ces équipements ont d'ores et déjà accepté d'être suivis. J'ai imaginé qu'un jaloux se serait amusé à trafiquer le mobile de sa femme – pour la taquiner bien sûr – et constaté qu'hier elle ne faisait pas ses courses au marché, comme elle l'avait affirmé. De même pour cette femme, tout autant facétieuse, qui voit en temps réel que son mari n'est pas à son travail, puisque son bureau est à l'opposé de l'endroit où se trouve son mobile. Bien sûr, en réalité, le mari est bien à sa réunion, c'est juste son mobile qui ne s'y trouve pas ! Et devra-t-on demander leur avis aux enfants que l'on souhaite pouvoir localiser pour les protéger ? Jusqu'à quel âge ? Attention, il n'est pas question, ici, de faire le procès des systèmes de géolocalisation qui rendent bien des services aux entreprises. En revanche, il est fondamental qu'aucun système ne puisse donner lieu à des dérives moralement douteuses et légalement réprouvées. Il est temps d'y veiller si nous devons évoluer comme le Japon, où aucun mobile ne peut être mis sur le marché sans un système GPS.
j.desvouges@01informatique.fr
