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En direct de New Delhi, de Pékin et de San Francisco, nos chroniqueurs livrent chaque semaine leur regard amusé, admiratif ou critique sur la high-tech saveur locale.
Wipro, Infosys, Tata Consulting Services… Ces géants de la high-tech indienne, avec leurs dizaines de milliers de salariés, leurs milliers de clients et leurs nombreux sites en Inde, génèrent chaque jour de très nombreux déplacements. Pour le seul Wipro, par exemple, on estime jusqu’à plusieurs centaines le nombre de clients étrangers qui peuvent venir quotidiennement dans les locaux de la SSII, et à plusieurs milliers celui de ses propres salariés en déplacement sur un autre site.
Avec une conséquence simple : des factures d’hôtels astronomiques. D’autant plus que le réseau d’hôtellerie est notoirement insuffisant en Inde, avec des prix élevés pour les chambres de standing international. Dans ce contexte, les grands du secteur ont trouvé la solution : se doter de leurs “ hôtels privés ”, gérés directement ou en sous-traitance.
Une solution qui a plein d’avantages. Le coût, d’abord et surtout, la facturation pratiquée en interne pour des chambres qui n’ont rien à envier à des hôtels haut de gamme, avec des tarifs qui peuvent représenter entre 20 et 30 % du prix d’une chambre d’hôtel équivalente…
La commodité, ensuite : ces hôtels privés sont, bien entendu, installés à proximité des sites des SSII. Dans une ville comme Bangalore, où il est tout à fait fréquent de mettre deux heures pour franchir les quelques kilomètres qui séparent les hôtels du centre-ville des campus informatiques de la périphérie, le gain de temps est inappréciable.
Du coup, les entreprises ont développé fortement cette activité, l’année dernière encore (il n’est pas certain, bien sûr, que la tendance se poursuive cette année, crise générale oblige). Infosys disposerait ainsi de quelque 13 000 chambres, dont plusieurs milliers pour ses jeunes recrues en formation… Résultat inattendu : les SSII deviennent des concurrentes directes des grands hôtels.
A Bangalore, on estime qu’elles disposent de plus de 1 000 chambres haut de gamme. De quoi concurrencer directement les hôtels classiques. Alors que le taux d’occupation de ces derniers ne dépasse pas toujours une grosse moitié, les hôtels privés de l’informatique affichent souvent un taux de remplissage de… 100 % !
Et, par les temps qui courent, qui sait, on en arrivera peut-être à voir les SSII ouvrir leurs hôtels aux clients extérieurs ? Histoire de compléter leurs recettes…
















